Réseau Alpha CONGO

17 janvier 2009

La RD Congo Victime des ses richesses et de la haute trahison ses fils 17/1/2009

Combien de morts faudra-t-il encore additionner, ans l’Ituri et ailleurs au Congo, pour que l'on se décide à intervenir ? Quels sont, en Afrique noire, les zéros qui précèdent le seuil de l'indignation ? Faut-il compter les morts par dizaines, ou par millions ?..."

Le rapport qui vient d'être diffusé par the HENRY DUNANT CENTRE FOR  HUMANITARIAN DIALOGUE - un organisme indépendant basé à Genève (Henry Dunant fut le fondateur de la Croix Rouge Internationale) - soulève, sans détours, le cas scandaleux et paradoxal de l'inadéquation entre la grave crise humanitaire qui frappe la RDC et l'insuffisance de l'aide humanitaire; l'indifférence face à la catastrophe humanitaire la plus grave au monde qui a couté la vie à 3.500.000 de congolais est à dire peu "inquiétante" et une "interpellation" des Nations Unies.
Dans le rapport, trois cas sont comparés: celui de la Sierra Léon, de l'Afghanistan et de la R.D.Congo: de la comparaison , il ressort l'incohérence et l'inadéquation des moyens mis à disposition de la MONUC par l'ONU pour faire face à la gravissime crise humanitaire qui frappe encore la RDC.
Lors des événements du Bas-Congo, dont la seule revendication de la population consistait à exiger l’application de la nouvelle constitution en matière de répartition des recettes (40%) produites localement entre le pouvoir central et la Province, comme seule réponse, le pouvoir central avait préféré utiliser la puissance de feu pour mâter une population civile désarmée. Or, la situation de l’Est du pays avec un lot de meurtre et de viol sur une population désemparée exigeant la même force pour protéger toutes celles et tous ceux qui avaient voté majoritairement pour l’actuel pouvoir en échange de la paix ne semblent pas préoccuper Kinshasa. Tout laisse à penser que l’actuelle direction du pays accomplie un plan machiavélique tracé depuis longtemps pour diviser ou balkaniser le Congo.

La guerre  qui se déroule en RD Congo avec une persistance spécialement à l’est du pays depuis les années 1996 a été qualifiée de la quatrième guerre mondiale d’Afrique.  Et ce, au regard de nombre des victimes, de morts, plus ou moins 6,5 millions, l’importance de dégât matériels et économiques, des violences et cruautés, etc. ainsi que le nombre des nations qui y étaient impliquées.

En effet aucun pays au monde n’a connu de telle perte sur le plan humain, économique et social pendant la guerre depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Notre pays la RD Congo se trouve dans une crise sans précédant et dirigé en ce moment par des personnes sans moral, sans vision politique ni amour pour le pays, dirigeants préoccupés uniquement par un gain facile et l’enrichissement personnel au mépris de la misère du peuple, au vu de la dégradation sociale et économique actuelle.

En dépit de toutes les souffrances que subissent les  populations, les signaux adressés au gouvernement pour que des mesures de défense appropriées soient prises, la passivité et la cécité  au sommet du pouvoir congolais sont les 2 mots qui résument tout!

Du fait de la trahison de plus en plus évidente et claire à tous les niveaux du rouage du pouvoir politique congolais qui complexifie la lisibilité voire la lecture de ce conflit, le criminel terroriste Rwandais Kundabatware a toujours bénéficié de l'appui tacite et de la complicité des traîtres au pouvoir.

Un chapelet de faits louches corrobore les allégations qui accusent Joseph Kabila d'être directement ou indirectement en connivence avec le pouvoir Rwandais pour entretenir l'insécurité et déstabiliser les forces armées de la RD Congo :

CONNIVENCE PAR VOIE POLITIQUE: 

  Certains faits:      

a) En juin 2007: Azarias Ruberwa, suppôt du despote rwandais Paul Kagame et soutien actif et complice du criminel terroriste rwandais Kundabatware, avait avoué d'après un reportage de la Prospérité  que: «  Kundabatware est un allié du gouvernement! »  

b) Un statut politique a été offert au criminel Rwandais Kundabatware afin de faire de ce conflit une "rébellion" congolaise qui sert, en fait, à masquer l'agression du Rwanda contre la RD Congo et la responsabilité criminelle du dictateur Rwandais Paul Kagame qui pilote cette agression. 

c) Le pouvoir congolais a dépensé 6 millions de dollars pour une "conférence de paix "  en guise de plan  bidouillé pour la sortie de crise! "Amani", un slogan pour gagner du temps et distraire les congolais! 

d) La bande de traîtres au pouvoir en RD Congo ont pris en otage les institutions pour offrir l'amnistie au criminel Rwandais Kundabatware

e) Dans un procédé subtil d'intoxication par les jugements de valeur, les manipulateurs avaient tenté et continuent à tenter d'imposer le terroriste Kundabatware comme congolais: "tutsi congolais",  "général déchu", "Laurent Nkunda"...:

Les dirigeants congolais traîtres se sont soumis à ce jeu et pas un seul n'a osé et n'ose déclarer haut et fort que le criminel terroriste Kundabatware est Rwandais! Ils se cachent tous derrière cette fumée d'inférences pour installer l'amalgame au crédit des manipulateurs! Le président Joseph Kabila a même enfoncé le clou de la connivence en qualifiant le criminel Rwandais Kundabatware de "fils égaré"! Le fait de reconnaître Laurent Kundabatwre comme membre de l’armée Congolaise n’est ni moins ni plus la consécration l’agression du Rwanda en RD Congo en complicité avec le gouvernement.

f) Accepter de négocier sans condition avec ce criminel terroriste Rwandais n’est-ce pas de la connivence active qui consiste à imposer ce dernier comme congolais selon le complot contre le peuple congolais? N’est-ce pas un aveu d’échec et une humiliation pour tout un peuple ! 

   CONNIVENCE PAR VOIE DIPLOMATIQUE: 

   La diplomatie congolaise est malade. Elle reflète la mauvaise manière dont la RD Congo  est gouvernée sans vision: Lorsqu'on observe minutieusement le choix des ministres des affaires étrangères depuis l'élection présidentielle, on remarque que le Rwanda se porte bien et même très bien dans les rouages du pouvoir congolais:

a) Mbusa Nyamuisi avait limité son activité au Rwanda et en Ouganda, ses anciens patrons! Il engageait, livrait et soumettait, en traître, notre pays au jeu diplomatique funeste Rwandais! Il s'alignait sur les positions du pouvoir Rwandais contre la RD Congo ! Sa servilité à Kagame ne fait l'objet d'aucun doute! 

b) Tambwe Mwamba, son successeur,  dont les accointances avec Kigali ne sont un secret pour personne, a toujours entretenu des relations avec les criminels au pouvoir Rwandais! L'avoir nommé à ce poste des affaires étrangères, en ce moment de conflit aigu, est une preuve de plus de cette connivence à savoir : pour éviter la flagrance de connivence par la nomination du Rwandais Bizimana Karamuheto ou Ruberwa, un suppôt congolais  succède à un autre suppôt congolais! Pour rappel, Tambwe Mwamba qui avait rejoint l’agression Rwandaise comme marionnette, avait donné l’ordre d’abattre l’avion civil qui transportait les civils fuyant la ville de Kindu investie par les Rwandais!

Il vient de signer, scandaleusement et en traître, un accord autorisant les Rwandais de revenir officiellement en RD Congo, soit disant pour pourchasser les Inthiramwe!   

CONNIVENCE PAR VOIE DE FRAGILISATION DU SYSTEME DE DEFENSE

   

a) Un gouvernement de "Combat" dans un contexte de guerre:

- Vice premier ministre chargé de la Sécurité et de la Défense : Mutombo Bakafwa, avocat, ancien ministre de la justice qui a proposé le projet de loi d'amnistie pour tendre le bras au terroriste Rwandais Kundabatware. Un mauvais casting! 

- Ministre de la Défense : Mwando Simba, un homme de l'administration territoriale, ancien ministre de transport et voies de communications,  Encore un casting raté! 

Résultats: les soldats impayés depuis 3 mois, démunis, décrochent, pillent...!   L'autorité de l'Etat est absente et il manque cruellement de vrai leadership au niveau du pouvoir politique pour redynamiser les forces armées et attiser la confiance des soldats!

Ce mauvais casting est révélateur probablement de la mauvaise perception de la franc-maçonnerie qui semble peser sur les décisions au sommet de l’Etat en RD Congo, où ceux qui ont pris en otage la destinée du peuple congolais sont aveuglement convaincus que l’occultisme  est « source de pérennité au pouvoir et de puissance ». 

 

b) Des officiers en connivence avec le pouvoir Rwandais occupent des postes stratégiques dans l'armée: en l’occurrence, le général Amisi dit Tango fort, chef d'état major des forces terrestres accusé de trahison avérée à Mushake. De son retour à Kinshasa, il avait retrouvé son poste comme si rien ne s'était passé et, en plus, il est président de Vita Club, un club sportif qui draine les masses! Il est important de rappeler que le Rwandais Kundabatware et Amisi Tango fort ont réalisé ensemble des crimes au Kivu et à Kisangani et ils sont très proches! Les officiers traîtres et les Rwandais infiltrés occupent délibérément les postes stratégiques de défense comme, par exemple, le général Malik (logistique): notez à ce sujet que c’est souvent l’avion de la compagnie Gomair au sein duquel le criminel Rwandais Kundabatware serait associé (en fait une compagnie d’aviation aux capitaux Rwandais), qui est affrété pour le ravitaillement des militaires des FARDC! Vous comprenez pourquoi les équipements militaires disparaissent, la solde des soldats au front partent mystérieusement en fumée! Les auteurs sont connus mais ils conservent toujours leurs postes, assurés de l’impunité institutionnalisée! Tandis que tous les officiers congolais aptes à faire face à l'agression étaient insidieusement écartés de la zone frontalière au Rwanda notamment le général Mbunza Mabe et  d’autres officiers patriotes congolais écartés délibérément des postes stratégiques de commandement pour les fragiliser!

 

c) Le ’’brassage’’ s’est révélé comme outil idéal  pour servir l’infiltration des Rwandais du RDC  dans l’armée congolaise voire pour faire de l’armée congolaise, une armée de type milicien dont le flou structurel et factoriel sont  préjudiciables à la cohésion  des forces armées et à l’unité de commandement du fait l’illisibilité du système d’information!

 

d) La Monuc : 10 ans de présence sur le territoire congolais de la force de la Monuc ont dégagé un bilan largement négatif ! Les militaires de cette institution sont bien payés, bien nourris,  bien logés, violent les mineurs, attisent la prostitution, opèrent les trafics et des compromissions de tout genre souvent en complicité avec les personnes au pouvoir, assurés de l’impunité institutionnalisée!

La Monuc, par ses différents dirigeants  en connivence active avec le dictateur du Rwanda et ses suppôts au pouvoir en RD Congo, a œuvré pour entretenir et prolonger le martyr du peuple congolais en protégeant  le terroriste  Rwandais Kundabatware! De William Swing à Alan Doss, ils sont tous complices et responsables des crimes et des tueries en RD Congo ! D’ailleurs, ce dernier, à savoir Alan Doss, l’actuel chef  de la Monuc, est un proche de l’ancien 1er ministre britannique Tony Blair qui est actuellement conseiller spécial du dictateur Rwandais Paul Kagame!

Crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crimes de génocide donnent le pouvoir en RD Congo: Les criminels y sont encore libres  et ils ont reçu le pouvoir à titre de prime! Il faut que ça s’arrête, ils doivent payer leurs crimes! 

On ne peut parler de réconciliation ni de paix véritable sans la justice! Plus de 5 millions de congolais sont morts victimes de la folie meurtrière des criminels connus qui jouissent non seulement d’une impunité insolente, mais ils ont reçu en plus en prime les postes de pouvoir! Aucune justice ni nationale ni internationale n’a été rendue à nos compatriotes! On a vu la ’’communauté internationale’’ s’indigner, crier au scandale pour 7 blancs tués! 5 millions de congolais étaient massacrés, torturés, brûlés vifs et enterrés vivants, ….sous le silence et l’indifférence de la’’ communauté internationale’’ et ce n’est pas une erreur de dire que ce n’étaient que des noirs tués par d’autres noirs!

En l’occurrence, je pointe du doigt l’Angleterre de Tony Blair qui avait armé le Ruanda de Kagame et l’Ouganda de Museveni pour agresser la RD Congo en vue d’opérer sa partition! Ce dernier était le mentor et le pourvoyeur de Jean Pierre Bemba et d’autres comme Mbusa Nyamwisi, Mende Omalanga Lambert, Roger Lumbala, Olivier Kamitatu….. !

Tandis que Paul Kagame avait piloté les crimes du Rcd en RDCongo, avec ses complices Bizimana Karamuheto, Azarias Ruberwa, Adolphe Onusumba, Moïse Nyarugabo, Kundabatware Laurent, Amisi Gabriel dit Tango fort, Ondekane, Emile Ilunga Kalombo, Zaïdi Ngoma, Tambwe Mwamba, ….

Tous ces criminels sont libres! C’est injuste et scandaleux!

Plus de 5 millions de congolais  étaient massacrés sur ordre de ces individus! Les laisser impunis, c’est tout comme si, après la guerre 40-45, Goebbels, Goering, et tous les criminels nazis  étaient remis au pouvoir en Allemagne après la capitulation! Si Jean Pierre Bemba est arrêté pour les crimes en Centrafrique, Il ne sera pas seul à écoper pour les crimes contre l’humanité, crimes de guerre, crimes économiques…en RD Congo ! La liste est longue !

Le bureau  d’étude pour le Congo BEC, partenaire de l’UCDP avait adressé une lettre ouverte au Secrétaire général de l’ONU, Monsieur Koffi Annan en 2002, avec copie pour information aux Chefs d’Etat des pays membres permanents du conseil de sécurité pour dénoncer ces criminels! Leur silence complice les avait protégés ! Ci- après, la lettre ouverte et le document précisant les crimes relevant des compétences de la cour pénale internationale : crimes de génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité ; …. ! Ces crimes sont imprescriptibles !

CONCLUSION: Joseph Kabila n’est pas clair et il est le problème! Le peuple congolais est victime de haute trahison ! 

Joseph Kabila est Président de la République Démocratique du Congo depuis bientôt 8 ans sans discontinu ! Son attitude introvertie laissait croire que tout ce qui s’y déroulait contre le peuple congolais, tel que décrit dans les chapitres précédents, se faisait à son insu!

C’est absolument faux! Joseph Kabila était et est au courant de tout ce qui se passait et se passe aujourd’hui en RD Congo! Ses accointances ambiguës avec le dictateur Rwandais Paul Kagame et le jeu de cache-cache auquel il s’adonne pour masquer ses relations serviles avec le pouvoir  Rwandais font qu’il est effectivement le problème!

Joseph Kabila est le problème par son style de gouvernance déboussolée et sans vision réelle! Face aux problèmes, sous des airs de fausse sérénité, Joseph Kabila a plongé la RD Congo dans la tyrannie du hasard et du joug des déterminismes non maîtrisés face aux défis humains, politiques, économiques, sociaux, sociologiques, sécuritaires consécutifs à notre histoire chaotique. Il n’y a aucune visibilité concernant la démarche maîtrisée vers l’avenir ni dans la phase exploratoire d’identification des enjeux du futur, ni dans la phase normative servant de définir les choix stratégiques:

 

-         les ’’5 chantiers’’ mal définis sont réduits au niveau des slogans!

-          Pour sortir de la crise armée, s’accrocher à la fumisterie pour distraire les congolais qui s’appelle ’’Amani ’’ au lieu de renforcer les forces armées et de se doter des moyens appropriés pour tourner le rapport de forces, procède de la gageure!

Joseph Kabila est le problème par ses relations actuelles, politiques et autres :

 

En effet, après avoir éjecté du système du pouvoir ceux qui avaient accompagné Mzee Laurent Désiré Kabila pour l’éviction du maréchal Mobutu, non seulement parce que dans aucun de ses discours, il n’évoque le sacrifice et le travail même inachevé que ce soldat du peuple avait commencé pour le peuple, mais, on a l’impression qu’il a voulu et veut l’effacer de l’histoire! Il faut retenir, par ailleurs que si Joseph Kabila était élu à l’Est de la RD Congo en 2006, c’était un hommage que les peuples du Sud Kivu, du Nord Kivu, de la Province Orientale, du Katanga, du Maniema avaient voulu rendre à leur Mzee en élisant son fils! Mais, après ce fils les a trahis en se plaçant du côté de leur bourreau Rwandais! Ce fils qui vient d’étaler ses limites et ses insuffisances dans la gestion de la guerre et la superposition des mauvaises décisions! Ce fils qui, avec ses amis,  ont voué aux gémonies les intérêts collectifs du peuple congolais pour des intérêts particuliers en instituant un style de pouvoir affairiste qui privilégie la prédation, le bradage du patrimoine national, la corruption à tous les niveaux de l’appareil de l’Etat, encadrés par une impunité institutionnalisée! Par ses mauvais choix et mauvaises décisions, ce  fils a laminé, trucidé l’œuvre de son père le regretté Mzee Laurent Désiré Kabila!

 

L’Union de Congolais pour la Défense de la Patrie et du Peuple UCDP, force de rappel à l’ordre et de proposition s’interroge effectivement sur ce que cachent les relations ambiguës frisant la servilité qu’entretient Joseph Kabila avec le dictateur Rwandais Paul Kagame! Sont-elles liées aux facteurs et aux circonstances relatives à l’assassinat de Mzee Laurent Désiré Kabila? Les Rwandais disposent-ils d’éléments impliquant d’une manière ou d’une autre Joseph Kabila dans l’assassinat de son père? Paul Kagame le soumet-il par ce chantage ?  N’oublions pas surtout qu’au moment de l’assassinat de Mzee,  William Swing était ambassadeur des Etats-Unis au Rwanda où il aurait piloté la décapitation de la tête de l’exécutif  congolais et que, peu avant ce malheureux événement, la chute de Pweto par les Rwandais  avait révélé des trahisons au sein de l’armée et Joseph Kabila qui y était présent, était en désaccord avec son père pour des choses louches qui s’y étaient déroulées!

En tout état de cause, et sur tous les sujets évoqués ci-dessus, Joseph Kabila doit rendre comptes au peuple congolais qui l’avait élu. Ce peuple a le droit de poser de vraies questions et d’exiger des réponses!  Les investigations vont bon train!   

Situation surprenante tant tout ce scénario apparaît aux yeux des observateurs de la politique congolaise comme du déjà vu et du déjà-entendu. En fait, tous les mouvements qui ont vu le jour selon la volonté de Kigali et soutenus financièrement et militairement par le régime en place adoptent toujours la même tactique à l’approche de chaque étape politique. L’objectif consiste chaque fois à gagner du temps en s’appuyant sur « la stratégie de la pression » pour glaner quelques résultats.

Aux temps forts d l’AFDL, il y a eu cette série de rencontres sur Outenika dans le but d’épuiser le maréchal Mobutu. Le résultat est connu de tous.

Lorsque Feu Laurent-Désiré Kabila s’est embrouillé avec ses anciens parrains, l’on a assisté à la création du Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD, composé en majorité d’anciens de l’AFDL avant de lui imposer une nouvelle guerre d’agression. Mais quand il a été question de dialoguer, le RCD provoquait des changements à la tête de ce mouvement, en fonction des étapes, pour exercer toujours une pression sur ses adversaires. Ainsi, ce mouvement a connu toute une meute de présidents pour des objectifs précis dictés par les parrains : Arthur Z’Ahidi Ngoma, Wamba Dia Wamba, Ilunga, Onosumba et enfin Me Azarias Ruberwa. Des présidents qu’on remplaçait à chaque étape de négociations ; de Victoria Falls, à Sun City en passant par Victoria II et III, l’Ile Maurice, Lusaka, Gaborone et Addis-Abeba.

L’on assiste ainsi à la même tactique. Cependant, la question est celle de savoir pourquoi ceux qui tirent les ficelles ont opté pour des « seigneurs de guerre » ? Il s’agit tout simplement de radicaliser la position du CNDP et de privilégier l’option militaire. Bosco Ntangana qui serait originaire de Masisi où il se serait replié, est « très proche de Kigali ». Il passe pour un seigneur de guerre impénitent, partisan de la politique de la « terre brûlée ». Il est moins politique. Mais que l’on ne doit en aucun cas perdre de vue cette déclaration du président Kagame dans l’interview accordée au journal Le Soir. « Même si Nkunda était écarté, l’on n’aura pas résolu le problème », avait-il prévenu. Serait-ce le sens profond des discordances au sein du CNDP ?

La balle dans le camp de Kinshasa

De ce qui précède, la balle se trouve dans le camp de Kinshasa. Certes, le gouvernement a l’obligation politique de suivre de près tous ce remue-ménage. Mais quelle est la stratégie a-t-il adopté pour faire accélérer le processus de Nairobi et parvenir à une paix durable ? Quelles sont les dispositions prises pour capitaliser la Résolution 1856 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour que Nairobi III soit couronné de succès ?

Il est vrai que devant cette absence de politique de communication, il est difficile d’apprécier l’approche du gouvernement. Seul le CNDP s’efforce à attirer l’attention sur lui en monopolisant les médias, surtout étrangers pour occuper leur espace médiatique. On l’a perçu avec cette tendance à vouloir contourner Nairobi en s’imposant une tournée diplomatique pour donner une envergure politique à ce mouvement.

L’on attend par conséquent du gouvernement des signaux forts de mobilisation générale dans la mesure où le pays est réellement en danger. La guerre du Kivu, une fois de plus, a un volet extérieur important qu’elle ne peut être une affaire d’un groupe de gens. Mais que toutes les institutions nationales doivent s’en approprier pour que les actions du gouvernement soient effectivement dissuasives. Car cette guerre ne se gagnera pas au prix de « bonnes intentions ni sur base des effets d’annonce ». Mais par des actions pragmatiques tant sur le plan politique, diplomatique, militaire, efficacement coordonnées au niveau national et international.

Ceci étant, jusqu’ à preuve du contraire, les remous au sein du CNDP ne sont que des manœuvres dilatoires, une diversion, un piège pour chercher la faille.


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01 janvier 2009

Etude sur les Batwa

ETUDE_SUR_LES_BATWA_1

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06 septembre 2007

L’APPRENTISSAGE DE L’ECRITURE DES MATHEMATIQUES EN EDUCATION DES ADULTES

INTRODUCTIO N A L’APPRENTISSAGE DE L’ECRITURE DES MATHEMATIQUES  EN EDUCATION DES ADULTES

MOTIVATION ET PROBLEMATIQUE

« L’apprentissage et la maîtrise des mathématiques dans les programmes d’alphabétisation et d’éducation des adultes et des jeunes. 

                      Dans les  l’éducation des adultes et des jeunes est une préoccupation essentielle pour plusieurs organisations non-gouvernementales de développement.

Depuis 1990, Année Internationale de l’Alphabétisation, ont vu le jour dans les deux Régions précitées tout comme en R.D.Congo d’ailleurs plusieurs associations inscrivant l’alphabétisation et l’éducation des adultes et des jeunes parmi leurs priorités.

                      En R.D.Congo, par exemple, nous savons que sur les 60 millions de la population, les statistiques les plus récentes  à notre disposition (2000) disent que 60 % des femmes et 20 % d’hommes sont analphabètes.  Mais, les conditions sociales, économiques et politiques actuelles de la R.D.Congo nous obligent à considérer ces chiffres avec beaucoup de réserve.  Car, depuis bientôt cinq ans, très peu d’enfants congolais fréquentent l’école et les abandons sont nombreux. Les guerres en répétions que connaît la R.D.Congo en général et dans la Région des Grands-lacs en particulier ont  accentué l’analphabétisme des enfants et ont joué sensiblement sur la qualité de l’éducation.

                      Dans plusieurs organisations d’alphabétisation et d’éducation des jeunes et des adultes de la Région du Kivu, malgré leur bonne volonté de faire un travail de qualité, la plupart de leurs alphabétiseurs et formateurs n’ont pas toujours les compétences et la formation en apprentissage des mathématiques voulues.

                      Considérant particulièrement l’enseignement des maths dans les programmes d’alphabétisation, nous pouvons constater : « L’apprentissage des mathématiques a été systématiquement oublié dans le programme d’alphabétisation et le peu d’expériences qui se font actuellement ont conservé leur motivation traditionnelle d’apprendre parce que nécessaire.  Il nous semble évident qu’un effort important devrait se faire dans ce  domaine pour le développement économique et social des population et une autopromotion paysanne, c’est-à-dire lier cet apprentissage, dans la mesure du possible, au besoin de gestion, d’administration, de culture agricole, du commerce, etc.

Des recherches devraient se faire pour appréhender les connaissances mathématiques orales chez les apprenants pour les prendre en considération lors de l’apprentissage du langage mathématique écrit ».

                      Dans la pratique, l’enseignement des mathématiques dans les cercles d’alphabétisation pose réellement problème :

a.    les alphabétiseurs utilisent essentiellement des livres destinés à l’enseignement dans les écoles primaires.

b.    Les alphabétiseurs et les formateurs n’ont pas de formation méthodologique appropriée dans l’enseignement des mathématiques.

c.    L’apprentissage de mathématiques se fait sans didactique

Comme nous cherchons à améliorer la qualité de notre travail éducatif, nous nous sommes investi dans cette recherche en mathématiques.

Objectifs de la recherche

Au cours de notre recherche, nous nous sommes fixé deux objectifs essentiels :

·         analyser le contenu des programmes des mathématiques enseignés dans les cercles d’alphabétisation au Kivu et dans les Grands-Lacs.

·         Proposer des innovations méthodologiques et pratiques pour la maîtrise des écrits mathématiques en alphabétisation et éducation des jeunes et des adultes. 

METHODE PROPREMENTDITE D’APPRENTISSAGE DE L’ECRITURE DES MATHEMATIQUES

Les objectifs du programme d’apprentissage de l’écriture et de la lecture des mathématiques en alphabétisation des adultes regroupe deux grands points.

Premièrement donner la capacité aux responsables des organisations paysannes de lire , écrire, et calculer en relation avec leurs occupations et d’appliquer ces connaissances pour la tenue des documents de gestion : la fiche de stock, le livre de caisse, le reçu et la fiche de suivi de activités des leurs initiatives de développement local communautaires et individuelles au familiales.

Deuxièmement  rendre d’autres membres capables de contrôler les documents de gestion et l’utilisation des ressources de leur organisation.

Ce module a été élaboré et testé d’abord dans les cadre d’un appui aux organisation paysannes de base, et cercles d’alphabétisation ou d’éducation afin d’aider les paysans à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent dans leurs vie quotidienne dans le domaine des  mathématiques. Nous espérons que le contenu du présent module est adapté à la situation de la majorité de nos villages et au vécu quotidien des paysans. A des endroits où nous avons essayé d’appliquer ce module, il révélé néanmoins efficace pour le gestion des toutes les activités à la base et ce, quelle que soit la langue d’apprentissage .

Ce programme nécessite seulement une adaptation. Pour réaliser cette dernière, l’éducateur aura intérêt à se reporter à la base méthodologique du programme d’alphabétisation des adultes.( conscientisante ou autre)

Il comprend les phases suivantes :

La première phase est consacrée à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture des chiffres et des nombres ainsi qu’au calcul avec les quatre opérations fondamentales (+, -, x, :). Elle introduit des documents de gestion: par exemple la fiche de stock et le livre de caisse. Les alphabétisants découvent leur utilité et apprennent à le remplir au niveau des dates, quantité et montant.

Ils se familiarisent avec les mesures de longuer de masse(poids), température, volume, capacité, etc. il effectuent des exercices pratiques d’utilisation de du mètre ruban, et de la bascule Ils apprennent également à lire l’heure sur une montre, à écrire et a effectuer des calculs sur des duréeq exprimées en heures et minutes, L’introduction et l’utilisation de la calcularice facilite la résolution des opérations avec des grands nombres.

Au cours de cette phase les participants lisent et écrivent certaines lettres ou combinaison de deux lettres représentant les symboles des unités les plus usuelles des mesures de longueur, de poids, de volume et de temps

La deuxième phase débute par la reconnaissance des images représentant les principaux éléments intervenant dans les gestion des affaires ou des activités liées à la  vie quotidienne.  A ces images sont ensuite  associés des mots que les parcipants apprennent à reconnaître et à employer pour le remplissage des documents de gestion déjà connus/ la fiche de stock et le livre de caisse . La reconnaissance de leur nom ainsi que des titre du président, du trésorier et  du magsinier permettent aux aplhabétisants d’apprendre à utilier un réçu.

Ce langage à base d’images et/ou demots, d’apprentissage simple, permet à tous de pariciper à gestion de l’organisation selon les rôle attribués; il constitue la base de accès à linformation pour l’ensemble des exploitants. Il est très largement utilisé par les participants dans les informations complémentaires ainsi que dans la gestion de initiatives locales de développement.

La troisième phase poursuit et complète l’alphabétisation des participants par l’apprentissage de la lecture et de l’écriture . elle achève leur formation en les amenant au stade d'alphabétisatisé. l’apprentssage est facillité par les compétences acquises antérieurement, notamment en matière d’écriture.

La formation en gestion est renforcé par l’introduction et l’emploi de fiches de suivi de ILD. Les participants achèvent leur apprentissage de l’utilisation de la fiche des stock et livre de caisse( écrture des libellés)

METHODE PROPREMENTDITE D’APPRENTISSAGE DE L’ECRITURE DES MATHEMATIQUES

Tout au long du processus, le formateur et les animateurs tâcheront de répondre aux questions fondamentales suivantes :

1.    Nos apprenants savent-ils calculer ?

2.    Quand où calculent-ils ?

3.    Quelle procédure utilisent-ils ?

4.    Quels calculs leur apprendre ?

5.    Selon quelle méthode ?

6.    Avec quel matériel didactique ?

D’après les encadreurs-animateurs des apprenants ou jeunes « amis de Jésus «  par exemple et en rapport avec la 1ère Question,

Ceux du premier degré :                      

-      savent compter de 1 à 20

-       calculent mentalement

-       écrivent de 1 à 20

Ceux du deuxième degré :

-      savent compter de 1 à 100

-       calculent mentalement

-       comptent l’argent

Ceux du troisième degré :                  

- connaissent 3 opérations fondamentales (+  -  X)

-       lisent les chiffres de 1 aux milliers

-       écrivent les chiffres.

La 2ème question,

Ils calculent dans toutes les circonstances : Au marché, aux jeux, à l’atelier ou au travail, etc.

La 3ème question,

Ils calculent souvent mentalement.  Il est important de les aider à passer au calcul écrit.

La 4ème question,

Les avantages du calcul écrit,

-       produire des pièces comptables

-       signer des contrats

-       élaborer des devis, mesurer,

-       éviter l’oubli et les erreurs

-       augmenter la rapidité

-       maîtriser la situation globale de ses richesses

-       gestion domestique pour les mamans.

Exercice lié à l’oubli, erreur et lenteur :

D’un coté celui qui énumère ses richesses, de l’autre celui qui retient.  Par après celui qui a retenu doit les énumérer de nouveau.  Le propriétaire et les autres vérifient si la deuxième énumération est correcte  En réalité on se rend compte que la mémoire est une faculté qui oublie, qui se trompe et qui est lente.  D’où l’importance du calcul écrit.

La 5ème question,

Aspects méthodologiques

Chaque méthode comporte un ensemble de principes théoriques et de techniques.  Les techniques opératoires son universelles en mathématiques tandis que les principes théoriques pour l’apprentissage peuvent différer.  Dans ce cas les aspects méthodologiques à mettre en exergue sont :

-       Il faut partir du vécu et éviter les abstractions

-       Il faut expliquer constamment le sens et la signification de ce qu’on apprend

-       Commencer par le plus simple et finir par le plus complexe.

Quels calculs proprement dits faut-il apprendre ?

I. Définitions :

a.    Le micro-univers mathématique est l’ensemble des principes et règles de numération du système décimal grâce auxquels nous pouvons lire et écrire les plus grands nombres en utilisant les plus petits chiffres, au nombre de 10 (chiffres arabes).

1        2                    3                    4                    5                    6                    7          8                    9                        0

b.    Le micro-univers mathématique est l’ensemble de toutes les opérations élémentaires et complexes qui s’effectuent entre les nombre ainsi que les mesures et les formes géométriques.

II. Les nombres

Les apprenants vont comprendre le système de numération décimale ou l’ensemble des nombres qui conditionne la compréhension de toutes les opérations.

1ère étape : - écrire un texte (une phrase) proposé par les apprenants et portant sur leur vécu : données sur les récoltes, nombre des membres de familles, leur âge, nombre des apprenants, dates importantes, nombre de bétail élevé, etc.

-       sortir du texte ce contenu mathématique

-       écrire (alphabétiseurs) ces nombres en expliquant qu’ils sont issus des plus petits chiffres au nombre de 10.  Ecrire ces derniers sur des affiches.

1        2                    3                    4                    5                    6                    7                    8                    9          0

2ème étape : - chaque apprenant recevra une affiche pour lui seul. 

3ème étape : Lecture.  L’alphabétiseur lira les chiffres un à un puis demandera aux apprenants de faire le même.  Si un apprenant trébuche, il reprendra plus calmement.

4ème étape : leur faire lire dans différents sens et pêle-mêle pour s’assurer que la distinction entre les différents chiffres est assimilée.

5ème étape : Les jeux d’assimilation des nombres.

                                            LE CALCUL PROPREMENT DIT

                                            Quels calculs vont-ils apprendre ?

1.    Les nombres (Micro-univers) mathématique S.M.D. : Conditionne la compréhension de toutes les opérations ultérieures.

L’animateur explique aux participants que tous les grands nombres proviennent de quelques nombres primaires (les 10 petits nombres/chiffres arabes).  Il dessine ces petits chiffres sur un papier qu’il distribue à chacun :

                      1                    2                    3                    4                    5                    6                    7                    8                      9             0

a.    Lecture : chaque apprenant lira un à un ces nombres, de gauche à droite.  S’il trébuche, il reprendra.

b.    Jeux d’assimilation des nombres :

1er jeu : Cartes et chiffres

Le jeu consiste à présenter aux apprenants une planche sur laquelle sont écrits les différents nombres primaires, en ordre dispersé en cases.  Ils ont aussi des cartes sur lesquelles sont écrits les nombres.  Il s’agit de poser chaque carte sur la case correspondante.       

3

9

7

1

0

7

2

9

8

5

4

6

1

2

3

4

6

7

8

9

9

5

7

0

2ème jeu : LOTO-FORMES

L’exercice est semblable au précédent, à part qu’en plus des chiffres on peut ajouter des cases et des cartes où sont dessinées des formes correspondant aux signes des différentes opérations qui seront étudiées ultérieurement.

+                                         -                                          x                                         :

3ème jeu : LES DOMINOS

C’est un jeu où les cartes sont remplacées par des dominos tel que :


                             3                                      5                                     0


Le rôle de l’animateur est d’imaginer les multiples façons de jouer.  Les apprenants remarqueront déjà que le 0 correspondant à l’absence d’un objet.

4ème jeu : Lecture du calcul du calendrier, des numéros des pages de nos manuels, l’attribution d’un chiffre à chaque objet qui est dans le local, etc.

c.    L’écriture des nombres :

1er exercice :Les apprenants sont invités à faire le difficile exercice de transcription des dix petits nombres primaires dans leurs cahiers.  La procédure est la même : le travail individuel, l’accompagnement par L’alphabétiseur, la correction au fur et à mesure, etc.

d.   

0 0 0 0 0 0 0 0 0 1

0 0 0 0 0 0 0 0 1 0

0 0 0 0 0 0 0 1 0 0

0 0 0 0 0 0 1 0 0 0

0 0 0 0 0 1 0 0 0 0

0 0 0 0 1 0 0 0 0 0

0 0 0 1 0 0 0 0 0 0

0 0 1 0 0 0 0 0 0 0

0 1 0 0 0 0 0 0 0 0

1 0 0 0 0 0 0 0 0 0

Explication du zéros :

L’alphabétisation explique que lorsque le zéro est situé avant un chiffre, il n’a aucune valeur (zéro nul) et que lorsqu’il est situé après il a de la valeur (zéro opérationnel X 10).

2ème exercice pour l’assimilation des nombres

                      La lecture et l’écriture des unités, des dizaines et des centaines = table décimale.

·         Table des unités, dizaines et centaines = table décimale.

1              2                    3                    4                    5                    6                    7                    8                    9                10

                                                                                                                                                                                        20

                                                                                                                                                                                        30

                                                                                                                                                                                        40

                                                                                                                                                                                        50

                                                                                                                                                                                        60

                                                                                                                                                                                        70

                                                                                                                                                                                        80

                                                                                                                                                                                        90                                                   

                                                                                         100

L’exercice consiste à remplir la table et à la transcrire.

3ème exercice : Utilisation des coupures de monnaie : l’animateur montre les coupures de 1 NZ, 10 NZ, 100 NZ,…  façon dont les valeurs sont écrites en expliquant pourquoi pour 3 coupures l’une correspond à l’unité, l’autre à la dizaine, l’autre à la centaine, puis on passe à l’écriture.

4ème exercice d’assimilation des nombres

Correspondance entre la position du chiffre et de sa valeur.

a.    En utilisant la table des valeurs positionnelles ou de numération des positions.

Milliers

Centaines

Dizaines

Unités

1

1

0

1

0

0

1

0

0

0

Exercices : Textes : Buhendwa a une bananeraie de trois cents vingt-cinq bananiers.  Transposez le nombre sur la table.

Milliers

Centaines

Dizaines

Unités

3

2

5

-       Dans ce nombre il y a 5 unités, 2 dizaines et 3 centaines.

-       Ce qui résout la difficulté des apprenants qui pour écrire trente-deux mettent 30.2.

b.    En utilisant l’abaque (boulier chinois).

ABAQUE (BOULIER CHINOIS

                                                                 M                           C          D           U


                                                                                                                                                                              Ü 235


               


Rondelles en cartons ou bouchons de bière.

Sur la première colonne de droite 10 bouchons représentant 10 unités.  Sur la deuxième colonne les 10 seront remplacés par 1 bouchon, etc.  De même, un bouchon de la 4ème colonne a la valeur de 10 bouchons sur la 3ème colonne, de 100 bouchons sur la 2ème et de 1000 sur la 1ère.

III. LES TECHNIQUES OPERATOIRES

Arithmétiques : Les opérations sont universelles mais les méthodes de les aborder diffèrent d’un coin à l’autre.  Pour nous, on partira du vécu.

Aspects de la méthode :

- Les apprenants proposent des textes (phrases) des exemples ayant trait à leur vécu et ayant des contenus mathématiques :                 

·         les choses qu’augmentent :                               +

·         les choses qui diminuent :                                                        -

·         produits qui augmentent :                                                         x

·         produits, objets à partager :                                                       :

On montre le signe qui s’y rapporte

- Montrer le signe opérationnel relatif à l’exemple.

- Exercices : Tenir compte du raisonnement mental de l’apprenant,

                             les amener à écrire leur raisonnement mental,

                     leur montrer la procédure universelle.

Exemple :    Vote dans un village de 2000 habitants.

                                            Seuls ceux qui sont âgés d’au moins 10 ans votent.  Il y a 1885 jeunes.

                                            2000 – 1885

Raisonnement mental 4 étapes

                                            2000 – 1000 = 1000

                                            1000 – 800 = 200

                                            200 – 80 = 120

                                            120 – 5 = 115

Ce schéma est long, il faut que l’apprenant après avoir vu et apprécié que son raisonnement a été noté, on lui montre l’écriture arithmétique de la question de ce même problème :

                                            2000 – 1885 = ?

                                            Ecriture opérationnelle du problème

                                              2000

            -   1885

                           Pendant les exercices, commencer par les unités Þ dizaines Þ centaines Þ milliers.

Exemple : - Commande :          CARE Viti 3

                                                      HCR    Viti 2

                                                      Viti ngapi ?


+        3 + 2 = ?   


                                            3

                             +     2

                                            5

                                            Dépôt = Viti 8

                                            Kutabaki ngapi ?

                      _      

                                            8 – 5 = ?                           

                     

                                            8

                            -       5

                                            3

       

      X         

                     

Siku 3

Kila siku ni 2

2 X 3 = ?              raisonnement = 2 + 2 + 2 = ?

                      2

       X     3

                      6

       :                                    HCR ina viti 8 ; inagawa sawa sawa ku Alfajiri na Cirezi.

                                            8 : 2 = ?

                                           

                                            8    2

                              -     8    4

                                            0 

Débutants

Exemple Mushaga :        1 bouteille pétrole

                                                                 Prix  d’achat : 70.000 NZ

                                                                 Prix de vente : 100.000 NZ

                                                                 Bénéfice : ?

                                                                 100.000 NZ – 70.000 NZ = 30.000 NZ

                                                                 6 bouteilles  X

                                                                 P.A.              70.000 NZ X 6                 = 420.000 NZ

                                                                 P.V.             100.000 NZ X 6                = 600.000 NZ

                                                                 Bénéfice = 600.000 NZ – 420.000 NZ = ?

                                                                                           600.000 NZ

                                                                                       -   420.000 NZ

                                                                                           180.000 NZ

Exemple : Meuble de salon

                                            9 planches 6 $/pièce                                                                        6 X 9 = 54 $

                                            Machine 1 $/pièce                                                                            1 X 9 =   9 $

                                            Transport 1 $/pièce                                                                           1 X 9 =   9 $

                                            2 Kg clous  2 $/Kg                                                                            2 X 2 =   4 $

                                            1 boîte vernis  6 $/boîte                                              1 X 6 =   6 $

                                            1 mètre papier mer. 10 $/mètre                                 10 X 1 = 10 $

                                            1 litre colle 4 $/litre                                                                            4 X 1 =     4 $

                                                                                                                                                                                                        96 $

                                            M.O. 40 % du coût de fabrication :     96 X 40 = 38,4 $

                                                                                                                                                            100

                                            Coût de revient ?                                   96 $ +38,4 = 134,4 $

Exemple : Confection ROBE

                                            Tissu : 2 m                                                                    1 $

                                            Fil                                                                                                        0,5 $

                                            Boutons                                                                        0,5 $

                                            Elastique                                                                      1 $

                                            Doublure                                                                      0,5 $

                                            Vaseline                                                                       0,5 $

                                            Mousse-épaulette                                                       1 $

Dentelle                                                                      0,5 $

                                                                                                           6,5 $

M.O. 40 % : 6,5 X 40  = 2,6 $

                               100

Coût total : 6,5 $ + 2,6 $ = 9,1 $

IV. LES MESURES (système métrique)

·         Aspects méthodologiques

-       Partir des objets mesurables pour amorcer le dialogue

-       Inventorier les modes traditionnels connus dans la pratique

-       Montrer la correspondance avec les unités universelles

-       Recourir à un matériel concret

·         Qu’est ce qui est mesurable ?

-       La chaleur, la distance, le poids (masse), la capacité (volume), la vitesse, les surfaces, le temps.

MESURE

MODE PRATIQUE

LIMITES

UNITE UNIVERSELLE + INSTR.

CHALEUR

Toucher, observation

Pas de certitude de précision

Degré

Thermomètre

DISTANCE

Pas, mains, doigts, ficelles, bâton, temps, observation

Diversité de taille, imprécision

Mètre

POIDS = MASSE

Soulèvement, observation, différents récipients

Imprécision

Kg, balance, pèse, bascule

CAPACITE /

VOLUME

Récipients

Imprécision confusion

Litre / m3

SURFACE

Soleil – ombre, coq, lune, oiseaux, cloches

Idem

Heure, Montre, Calendrier

SURFACE

Mesure de périmètre

M2       m

VITESSE

Confondue avec le temps

Confusion

EXERCICES :

1.    La chaleur                      

Enfant 8 h00 : 36°

18 h00 : 39°

                                                                                                                                                                              Différence = 3°

Apprendre à lire et à utiliser le thermomètre

Calculer la température d’une solution de soude caustique pour la fabrication du savon.

2. Distances/Surfaces

Mesurer la longueur d’une salle, d’un terrain, d’un tableau, d’une table, d’une planche, d’un tissu, d’un atelier, d’un poulailler, d’un champ, etc.

Mesurer le périmètre et la surface de …

Salle de classe                L = 8,15 m

                                            L = 6,17 m

                                            S = L X l = 50,28 m2

Carré                                                       Rectangle

                      C                                                              L                                                               Importance : connaître les

Limites, intervalles pour plantations,      arbres,…

                               C                                                                                                

3. Le Temps/Horloge :     - Maîtriser une horloge à chiffres arabes

- Puis les autres variétés (chiffres romains, traits, points,…) ensuite      

  la montre électronique avec écran,…


4. Le poids/Balance, Pèse, Bascule,… des différentes formes.

Þ Sortes d’instruments pour peser et apprendre à lire les multiples et les sous-multiples.


5. La distance :

                     

Km

Hm

Dam

M

Dm

Cm

Mm

1

0

0

1

0

0

0

0

Exemple : Planche de    3 m de longueur

                                                                 24 cm de largeur

                                                                 Combien de lattes de      30 cm de long ?

                                                                                                                                   3 cm de large ?

* S = 300 X 24                                        300 X 24 = 80 lattes

   S’ = 30 X 3                                           30 X 3

* 300 : 30 lattes                                      L 10

    24  :   3 lattes                                      l    8         L X l = 80 lattes

N.B. : 1 m3 = 1000 l = 1 dm3 = 5 fûts d’eau

6.    Capacité

                     

Kl

Hl

Dal

L

Dl

Cl

Ml

1

0

0

1

0

0

0

0

1 l                                                             100 cl

1 bouteille : 75 cl = ¾ litre

1 bouteille Fanta : 33 cl = 1/3 litre

1 fût : 200 l = bidons 25 l, bouteilles Primus

a)    200 l : 25 l = 8 bidons de 25 litres

b)    200 l : 0,75 l = 266,6 bouteilles de Primus

7. Volume

Km3

Hm3

Dam3

M3

Dm3

Cm3

Mm3

1

0

0

0

1

0

0

1

0

0

0

0

                     

                      1 m3 = 1000 l = 1000 dm3 = 5 fûts (1 fût = 200 litres)

LES MESURES

LES UNITES

LES INSTRUMENTS

- Pour les longueurs

- Les surfaces

- Les masses (poids)

- Les capacités et volume

- Le temps

- La chaleur

Le mètre

Le mètre carré

Le kilogramme

Le litre

L’heure

Le degré

- latte de 1 m, mètre ruban, rouleau gradué, etc.

La balance

Différents récipients dont la correspondance est possible (bidons, fûts, bouteilles,…)

La montre, le calendrier,…

Le thermomètre

4ème étape :

-  Parmi les problèmes à résoudre , introduire petit à petit l’utilisation des instruments comme la règle, l’équerre ,le compas la balance , le thermomètre, l’horloge etc.

-  Pour les multiples et les sous(multiples, se limiter à ceux qui sont utiles dans la vie, car les adultes n’ont assez de temps à perdre .

Exemple : pour le poids, les sous-multiples utilisés pour le Kilo sont le gramme, le demi kilo (500gr ) le milligramme ne sont nécessaires que pour la prise de médicaments quand il s’agit de soigner les enfants malades à la maison.

La tonne est utilisée pour connaître la productions et  le chargement de camion. 1 (une tonne = 1000kg en 10 sacs de 100 kilos. Connaître le quintal sera superflu.

Quel matériel didactique à utiliser

Pour ce qui est du matériel didactique il est bon que chaque alphabétiseur fasse appel à son esprit de créativité. De toutes les façons il fera recours aux ressources locales disponibles dans les village.

Par exemple pour fabriquer le boulier, il y a plusieurs matériaux selon les endroits :

La base peut être un morceau de tronc de bananier, et le colonnes sont des tiges arrachées d’une feuille de palmier (dont on se sert pour faire un balai en Région tropical), les boule qui vont coulisser le long des tiges sont des petits rondelles tranchées dans la partie centrale de feuille des papayer.

La base peut être aussi un  carton vide, les tiges sont remplacées par le morceaux de fer ou  par un clou suffisamment long tandis que des bouchons de bière toués font office de rondelles. Tout peut être fabriquer avec des pièces de bois chez le menuisier.

Le calendrier et l’horloge peuvent être fait par les apprenant avec l’aide de l’aplhabétiseur en utilisant du papier et une règle (pour le calendrier ) du papier carton (pour l’horloge ), le jeux de cartes de lotos de dominos etc.

Le bambou peut être utilisé pour faire comprendre les fractions simples (expérience de la DVV).

Pour les autres  mesures ( poids, température ) utiliser la balance (en insistant sur le trucages possibles et le thermomètre.

Dans tous les  processus il faut faire participer les apprenants car par principe, il oublient ce qu’ils entendent se souviennent simplement de ce qu’ils ont vu, savent ce qu’ils mettent en pratique, utilisent ce qu’ils découvrent.

Attitudes des alphabétiseurs

·        Doivent réaprivoiser les mathématiques et rompre avec leurs attitudes négativistes en adoptant une attitude plus décontractée

·         Comprendre en quoi les mathématiques en alphabétisation diffèrent de celles en enseignement formel à l’école primaire et secondaire tant par l’approche que par le contenu

·         Connaître le matériel, le faire créer et l’utiliser pour encourager les alphabétisants

·         Leur formations ne doit pas être centrée seulement sur les mathématiques mais également sur :

-       les méthodes de raisonnement des adultes ou alphabétisants

-       leur méthodes de calculer

-       les principes d’un apprentissage qui part du vécu et y débouche.

·         Redonner confiance aux apprenants ayant fréquenté l’école à surmonter leur antipathies et les vieilles frustrations par rapport aux mathématiques.

·         Créer une atmosphère détendue en freinant les pratiques compétitives et en encourageant les pratiques coopératives ; s’entraider comprendre qu’on est là pour faire des progrès et non pas exhiber les progrès déjà faits

·         Valoriser les aptitudes ainsi que le savoir des apprenants en essayant de dédramatiser leur erreur au début

         

BIBLIOGRAPHIE

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BLUCK, G., Les pygmées asiatiques et les pygmées africains constituent-il une race unque ?, in Zaïre VII, octobre 1953, p. 845-850.

BOGUO, M. Situation des langues zaïroises au zaïre, in L.S.H., Vol. 28 n° 1, 2, 1988, p. 57

CHEIK, A. D., Nation nègre et culture, Tome II, Paris, Présence africaine, 1979, p. 417

FALSH? J. Comtribution à l'étude des langues en Europe, Quebec, p. 4, Ed. de Laval, 1979

HALLET, J.P., le Congo des magiciens, Ed. Table Ronde, Paris, 1967.

HERSKOVITS, M., Man and his work, Knopf,  New York, 1948

ICAE: le monde de l'alphaétisation, 1983, p. 100.

JOSET, P.E., Buda efeba, conte et légende pygmée, in Zaïre, 1948, p. 25-56 (1° et 2° parties) et Zaïre, II n°, février 1958, p. 137-157 (3° partie).

LEVI STRAUSS, Structure élémentaire de la parenté, Mouton, Paris, 1967, p.5MAUDIT, j., Manuel d'ethnographie, Payot, Paris, 196,P. 3.

NGALASO, N., Etat de langues et langue d'Etat au Zaïre, In Politique Africaine, n° 23, sept. 1986, p. 14

ROUSSEAU, JJ, De l'inégalité parmi les hommes, Union générale des éditeurs, Paris, 1963, note p. 336

SCHEBESTA, P., Les pygmées sont-ils des primitifs ? Le voyage chez ls nains Bambuti d'Ituri, Bruxelles, 1932.

SCHEBESTA, P., Tere, le dieu forestier des Bambuti, in Zaïre, II n° 2, février 1947, p. 181-195.

SCHEBESTA, P.,  la langue des pygmées, in Zaïre, III, n° 2, février 1949, p. 119-128.

SEITZ, S., Pygmées d'Afrique Centrale, Ed. Peeters/SELAF 338, Paris, 1993

VANSSINA, J., L'introducton à l'ethnographie du Congo, Ed. Universitaire du Congo, Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi, CRISP, Bruxelles, 1965, p. 53-60.

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28 août 2007

COMPRENDRE LES CONFLITS

COMPRENDRE LES CONFLITS

Notre communication s’articulera sur les points suivants :

1.    Introduction

2.    Compréhension du concept conflit

a)    Naissance des conflits

b)    Formes

c)    Sortes

3.    Naissance des conflits

4.    Prévention des conflits

5.    Gestion des conflits

a)    Attitude devant  conflit

b)    Analyse du conflit

c)    Communication

·         Obstacle à éviter

·         Dix commandements

d) Quelques techniques

6.    Conclusion.

I.              INTRODUCTION

Ce dernier temps, la problématique de la prévention et de la gestion des conflits reste un sujet préoccupant car il alimente les conversations, les travaux de recherche et les débats de presque chaque séminaire si pas chaque rencontre des Associations dans notre sous région.

On ne parle en effet, certes à cause des conséquences dramatiques, nocives, sanglantes et déshumanisantes des situations conflictuelles vécues actuellement en Afrique Centrale des grands lacs en général et dans notre pays/province en particulier.

Si sur le plan macro social (à grande échelle au niveau des Etats, des communautés) on a des conflits, à petite échelle aussi entre Associations, groupes, frères ou entre parents et enfants, familles, au sein d’une même famille, entre individus et même entre époux, il existe aussi des conflits.  A due qu’à chaque société ses conflits car la nature humaine a ses imperfections, ses insatisfactions, ses préoccupations dont la recherche individuelle ou communautaire de solution provoque des chocs à l’endroit du «vis-à-vis», de l’autre et ce choc c’est cela le conflit.

II.            COMPREHENSION DU CONCEPT CONFLIT

D’après le petit Robert 2001, le terme conflit est polysémique et requiert plusieurs significations notamment :

-          Lutte, un combat opposant 2 ou plusieurs individus

-          Rencontre d’éléments, de sentiments contraires qui s’opposent

-          Confrontation entre 2 puissances qui se disputent un droit

2

-          Rencontre de plusieurs lois, textes, principes qui se contredisent et de ce fait ne peuvent être appliqués.

En effet, le mot conflit s’emploie dans le domaine de la vie sociale, de la vie de relation interpersonnelle, familiale, communautaire.  Il lie toujours 2 ou plusieurs parties.  On appelle «conflit», un choc, un antagonisme, une opposition d’intérêts, une lutte de sentiments contraires entre 2 ou plusieurs parties (personnes, associations, communauté, états, puissances).

Il se traduit (s’exprime) par une mésentente, une crise de relation ou d’harmonie, un différend et peut parfois déboucher sur la violence entre parties concernées.

N.B. :

Sur le plan psychologique, on parle de conflit pour désigner une opposition vécue par un individu entre ses propres pulsions et les interdits sociaux.  De par ces explications, il ressort que le conflit est inhérent à la vie de relation humaine, c’est un phénomène social.  Et une société sans conflit est une société morte, elle n’existe pas.

Formes

Le conflit peut prendre diverses formes (aspects) selon sa présentation ; il peut  être :

·         Latent : S’il n’est pas encore manifesté extérieurement, c’est-à-dire s’il est sans violence ou avec contrôle de violence.  Ici, il se présente comme une insatisfaction non exprimé, une certaine méfiance, froideur dans les relations.

·         Réel : Connu (manifeste) et fondé

·         Faux conflit : Sans fondement si ce ne sont les soupçons, des suppositions.

Exemple :

-          Le fait qu’on ne partage pas avec quelqu’un ou qu’on ne se voit plus avec un ami peut faire croire qu’il y a conflit.

-          Les voisins qui se jalousent pour des moyens matériels.

Sortes

Selon l’objet, on distingue plusieurs sortes de conflit :

-          Conflit de génération

-          Conflit entre riches et pauvres

-          Conflit entre dirigeants et dirigés

-          Conflit au sein d’un couple

-          De pouvoir, d’héritage

-          Conflit parcellaire, foncier, territorial

-          Conflit de compétence etc.

III.           NAISSANCE DES CONFLITS

D’où viennent les conflits.  Le conflit a-t-on dit, est un processus avec relation interpersonnelle où les intérêts et les sentiments sont en opposition.  Les gens sont en conflit, s’opposent pour diverses causes qui se résument en trois :

-          Dimension matérielle du conflit : cause socio-économique et politique :

Le conflit naît par suite d’un pouvoir à partager, d’un bien matériel (ressources) à acquérir ou à partager.

En effet, le matérialisme et les nouvelles formes de pauvreté qu’il génère font que souvent sur le plan socio-économique et politique, la tendance (le comportement) est d’accumuler pour soi, de prendre tout, de se servir suffisamment au détriment de l’autre, de bousculer l’autre lorsqu’il se présente ; on ne discute pas. 

3

C’est le cas du militaire en uniforme, du politicien, du responsable d’une association, de l’homme riche qui profite de l’ignorance, soit crée la frayeur et la terreur sur son passage, qui invente des astuces, qui se paie fortement mieux que ses subalternes, qui s’attribue des frais de mission plus grands que le salaire…

Quand le matériel, l’intérêt est en jeu ; si on ne peut pas partager, ni gérer objectivement les ressources communautaires on suppose, il y a toujours conflit.

-          Dimension sociale du conflit :

Dans cet ordre on voit plus la façon de communiquer avec les autres, le langage.  Comme on dit, le langage est source de mal entendu.  Il y a toujours un langage acidulé, qui ont des mots de violence, qui ne sortent que menaces et d’autres qui ont des mots de paix.

Parfois, nous ne donnons pas (nous privons) à l’autre l’espace de communiquer (censure, confiscation des médias, refus de s’exprimer librement, intimidations).

-          La dimension sociale de perception :

En effet, chaque poste des lunettes (invisibles) pour regarder l’autre.  En naissant, nous venons au monde avec des valeurs qui croissent en nous et qui nous font voir les autres d’une certaine manière (ex. le sexe).

En plus, en grandissant, certains faits environnementaux nous influencent et se présentent ainsi comme des « lunettes » qui nous amènent à regarder le monde (les autres) d’une manière.  Avec ces lunettes nous généralisons faussement.  Ces lunettes sont : le sexe, l’âge, l’ethnie (identité culturelle), la religion, l’éducation reçue, la profession, la classe, le rang social… et impriment en nous des attitudes et croyances qui sont sources des conflits.

L’opposition de sentiments entre individus, objet du conflit, provient justement de cette dimension de communication et la différence de perception entre parties en conflit.

Notre réaction face au conflit dépend de la personne et de la chose, objet du conflit et peut faire qu’un conflit persiste, on tourne en cycle.  Nos valeurs, notre attitude développent de nouvelles croyances et de nouvelles attitudes et les conflits disparaissent peu à peu.

N.B. :

Pris comme une dynamique sociale et lors qu’il n’est pas violent, un conflit peut quelquefois construire, transformer et promouvoir la société en produisant un changement positif, ainsi on quitte une étape donnée pour une étape plus supérieure.  Ainsi comprise, la gestion des conflits devient gestion des changements.

Toute fois, on sait comment naît un conflit mais on ne sait pas comment il fini.  C’est pourquoi un conflit n’est pas une chose à désirer.  D’où la nécessité de le prévenir dans la mesure du possible ou de le résoudre d’il a déjà éclaté.

IV.                 PREVENTION DES CONFLITS

Prévenir les conflits revient à prévenir, réduire les conséquences auxquelles ils conduisent à savoir le cycle de conflit, la violence, le manque de paix et d’harmonie entre les individus, les communautés….

4

Comme ONG de développement et de droits de l’homme, les mesures ci-après peuvent être prises pour prévenir les conflits :

-          La sensibilisation de la population sur la connaissance des droits et devoirs du citoyen

-          La sensibilisation de la population sur la loi foncière

-          L’émergence d’une bonne gestion/bonne gouvernance à tous les niveaux

-          La sensibilisation de la population à la non violence, à l’esprit de tolérance, d’écoute, de justice, de franchise

-          La sensibilisation sur les types de conflits courants dans le milieu et leurs causes et conséquences

-          Redynamisation de la pratique de concertation (et règlement de conflit) sous l’arbre à palabre

-          L’implication de la population dans la gestion des infrastructures, des structures d’aménagement et de gestion des ressources naturelles (forêt, eau, terre).

-          Favoriser la mise en place des infrastructures socio-économiques (point d’eau, ponts, adduction…)

-          Revaloriser certaines valeurs africaines comme la parenté à la plaisanterie la taquinerie dont la seule arme est l’humour qui ne laisse pas mener à la violence mais qui au contraire nous enseigne la tolérance, le respect de la justice et la fraternité.

-          Revaloriser les pratiques culturelles comme la célébration des funérailles, de mariage comme occasions qui rassemblent et qui soudent bien les gens.

-          Mettre sur pied des systèmes de détection (d’avertissement) précoce des menaces pour la paix et les dénoncer avant (les interférences externes comme les milices, les programmes des partis politiques, les discours, les émissions provocatrices, les violations des droits de l’homme, la corruption, la rupture de l’ordre et du droit…)

-          Etudier les dimensions culturelles qui favorisent la paix

-          Former l’enfant à partir de la base (en famille et à l’Ecole) à la conscience humaine en insérant dans le programme scolaire d’ECM, de religion et d’Education à la vie au primaire comme au secondaire la sensibilisation/formation sur la paix, sur les problèmes de conflits, sur l’esprit civique, la démocratie…

Mais on ne peut tout prévenir.  Qui dit conflits, dit aussi instances et procédures de régulation.

V.  LA GESTION ET TRANSFORMATION DES CONFLITS

1.  Mode ou attitude de gestion du conflit

Face à un conflit, les gens adoptent divers comportements (attitudes) notamment :

-          La domination :

On cherche à être supérieur et le meilleur, à vaincre à tout prix.  Et pour y arriver, on fait usage de son pouvoir ou de la force, de son autorité, on impose son point de vue peu importe ce que pense l’autre.  C’est la logique perdant – gagnant (moi) fondée sur la contrainte et donc la maintenance du conflit car la réplique pourrait s’en suivre tôt ou tard.

-          L’accommodation (résignation) :

Celui-ci se soumet volontairement, sacrifie son point de vue et accède bon gré malgré lui à la demande de l’autre pour chercher l’harmonie avec lui.  Cela arrive assez souvent parce qu’on craint que l’autre ne me laisse tomber (perte des intérêts).

De ce fait, les différends sont escamotés, une certaine harmonie s’établit mais elle est fragile.  C’est la relation gagnant – perdant (moi) fondée sur la passivité pour resurgir dès possible.

5

-          La fuite (évitement) :

On évite le conflit parce qu’il me fait peur.  On le remet à plus tard croyant que la situation se décantera avec le temps.  C’est la relation gagnant – perdant (moi).

-          Le compromis :

On vise une solution rapide avant que la situation ne s’aggrave.  On privilégie la négociation en tenant compte aussi bien de sa relation à l’autre ainsi que des intérêts.  On pose des conditions pour engager le dialogue, on se fait des concessions, on obtient un compromis.

C’est la relation gagnant – gagnant mais qui est quand même quelque peu fragile.  Souvent ce système fait appel à une tierce personne pour trancher l’affaire, servir d’arbitre ou de juge.  Cela se fait lorsque les parties en conflit se conforment à un modèle standard ou à une personne qui légitime ou qui a un sens de justice pour déterminer qui a raison ou tort.

-          La collaboration (coopération) :

On accueille la demande de l’autre en tenant compte de ses intérêts personnels et ceux de la partie adverse.  Ces intérêts sont des valeurs, des préoccupations, des démis et des peurs très intimes et personnelles.  On met le conflit au milieu et on s’accorde de la combattre en le confrontant à des critères objectifs (ex. : la loi, la coutume / tradition, avis d’un expert, valeur marchande…)

On peut faire appel à une tierce pour la médiation.  On cherche tranquillement des solutions satisfaisantes et durables pour les 2 parties et on dispose d’assez de temps.  C’est le style gagnant – gagnant, le meilleur.

2.    L’analyse du conflit

L’analyse d’un conflit se fait à 3 niveaux à savoir : les personnes, les processus et le problème.

a)    Les personnes : il s’agit

-          D’identifier les groupes ou les personnes engagées dans le conflit.

-          De savoir les intérêts de ceux qui soutiennent chaque position et les valeurs qu’ils ont de continuer à vivre le conflit.

-          Savoir la perception du problème par chaque partie.

b)    Le processus :

-          C’est-à-dire la dynamique du conflit ; il s’agit d’analyser la trajectoire du conflit

-          On considère aussi la communication qui peut  exister entre les groupes ou personne en conflit, leur perception de la communication

-          On examine le besoin d’obtenir un dialogue constructif.

c)    Le problème :  Il est question de :

-          Décrire le fond du problème

-          Lister les points concrets à résoudre

-          Connaître les choses vécues par chaque partie d’entrer ou d’intervenir dans le conflit

-          Vérifier s’il y a quelque chose à faire avant d’intervenir.

3.  La communication

La communication occupe une place de choix dans la résolution des conflits.  Elle doit être coopérative.  On ne peut s’improviser médiateur.  Le médiateur doit  être sollicité, accepté par les deux parties et doit veiller aux obstacles ci-après pour une bonne communication.

-          Eviter de prendre une décision

-          Eviter de prendre un parti pris ou de s’ériger en juge

-          Ne jamais complimenter

-          Cerner la réalité du problème

6

-          Eviter d’être comme un enquêteur, ou de traquer son interlocuteur.

Voici les dix commandements de l’écoute

1.    Arrêter de parler (puis-je maintenant parler)

2.    Mettre à l’aise l’autre personne (ne pas le presser)

3.    Lui montrer que l’on veut l’écouter (est-ce que c’est ceci que tu m’as dit)

4.    Eviter les distractions

5.    Sympathiser avec la personne (lui montrer que ce qu’il dit est important)

6.    Le retenir (voudriez-vous revenir sur ceci)

7.    Etre patient (lui donner le temps, ne pas le presser)

8.    Essayer de ne pas discuter ou critiquer

9.    Poser des questions ouvertes (claires)

10.  Arrêter de parler : (avez-vous encore à ajouter).

4.  Quelques techniques de résolution des conflits

Les techniques jusque là connues pour la résolution des conflits sont :

-          Le tribunal                                                                                                            Les techniques de négociation

-          L’arbitrage                                                                                                            * Le dialogue

-          L’arbre à palabre                                                                            * La médiation

-          Toutes les techniques non violentes.                       * Le consensus

VOICI UNE TECHNIQUE DE NEGOCIATION RAISONEE :

QUESTION

Négociation sur positions :

Quel jeu choisir ?

SOLUTION

Changer de jeu

Négocier sur le fond

DOUX

Les participants sont des amis

DUR

Les participants sont des amis

RAISONEE

Les participants sont là pour résoudre un différ.

L’objectif est de parvenir à un accord

L’objectif est de gagner

L’objectif est de conclure à l’amiable un accord judicieux et efficace

Faire des concessions pour cultiver ses relations

Exiger des concessions comme condition à la poursuite des relations

Traiter séparement les questions de personnes et le différend

Etre doux à l’égard des hommes et du différend

Etre dur à l’égard des hommes et du différ.

Etre doux à l’égard des hommes et dur à l’égard du différend

Faire confiance aux autres

Se défier des autres

La confiance n’entre pas en ligne de compte

Changer de position sans difficulté

Se cantonner dans sa position

Se concentrer sur les intérêts en jeu et non sur les positions

Faire des offres

Découvrir ses exigences minimales

Faire des menaces.

Tromper sur ses exigences minimales

Etudier les intérêts

Eviter d’avoir des exigences minimales

Accepter des pertes unilatérales pour parvenir à un accord

Exiger des avantages unilatéraux comme prix d'accord

Imaginer des solutions pour un bénéfice mutuel

Chercher la solution unique, la seule qu’ils accepteront

Chercher la solution unique, la seule qu’on acceptera

Mettre au point des solutions variées parmi lesquelles choisir;  remettre la décision à plus tard

L’important, c’est de parvenir à un accord

L’important, c’est de garder sa position

Exiger l’utilisation de critères objectifs

Eviter un affrontement de volontés

Vaincre dans un affrontement de volonté

Obtenir un résultat fondé sur des critères indépendants de la volonté

Céder aux pressions.

Exercer des pressions

Raisonner et être ouvert aux raisons de l’adversaire ; céder au principe, pas à des pressions.

I.              CONCLUSION

Le conflit est inhérent à la vie des personnes, il ressort de la dynamique sociale et donc, il n’y a pas de vaccination possible contre.  L’important est de savoir les mesures pour prévenir ou atténuer certains ou pour sortir d’une situation conflictuelle

SOS Déshérités

N°9 Av. de la poste

Place de l’indépendance

Bâtiment COOPEC ECC Ibanda

Commune d’Ibanda

Bukavu

Termes de référence de la session de formation des animateurs de pacification

1.    INTRODUCTION

La formation des animateurs de pacification s’impose comme préalable aux activités que ces derniers devront mener sur terrain à Bugobe et à Ikoma.  Celles-ci vont consister à former des messagers locaux de paix, organiser des campagnes de sensibilisation sur la paix, organiser des productions théâtrales et produire des message de paix à la radio.

Ces activités seront menées dans le cadre du projet de relance de l’élevage, des chèvres à Bugobe comme outil de réconciliation intercommunautaire amorcé par SOS-Déshérités avec l’appui du CARE International et OTI/USAID à travers le programme «Congo en Action pour la Paix».

Cette formation devra permettre aux animateurs en question de se situer par rapport à la tâche qui les attend sur terrain et d’intervenir efficacement, en l’occurrence, en vue de la réconciliation et la transformation de conflit entre les 2 communautés : Bugobe en territoire de Kabare et Ikoma en territoire de Walungu.

2.    OBJECTIFS DE LA SESSION

·         Développer les aptitudes d’analyse et de compréhension du conflit ;

·         Développer les aptitudes de résolutions et de transformation de conflits ;

·         Présenter les outils de l’animateur

·         Contextualiser le conflit ;

·         Contextualiser la définition de la paix ;

·         Distinguer l’animateur d’un messager de paix.

3.    PRODUITS ATTENDUS

·         Rapport de la session

·         Certificats de formation

·         Module de formation

4.    PARTICIPANTS

·         4 animateurs de pacification du projet

·         Le vétérinaire responsable

·         Le formateur

·         1 journaliste de radio locale

·         Le coordonateur et le chargé de programme de SOS-Déshérités.

2

5.    DUREE

3 jours, du 12 septembre au 14 septembre 2003

6.    LIEU

Il est prévu que l’atelier se déroule dans un environnement calme et fonctionnel à Bukavu mais en dehors du Bureau de SOS-Déshérités.

7.    ROLE DU FORMATEUR

Par le biais de méthodes participatives, le formateur animera la session, assurant la participation optimale de tous.  Il est responsable de la production du module et des certificats de formation.  La tâche de production du rapport étant dévolue à SOS-Déshérités, le formateur se limitera à prodiguer les conseils et orientations nécessaires.

A la fin de chaque journée, un debriefing avec l’équipe du projet sera conduit par le formateur pour évaluer les progrès réalisés, la dynamique de groupe, les ajustements à effectuer.  A la fin de l’atelier, une évaluation sera conduite pour juger la satisfaction des participants par rapport aux objectifs à remplir pendant l’atelier.

8.    MODERATION ET SECRETARIAT

La modération et le secrétariat seront assurés par SOS-Déshérités.  L’organisation a également la responsabilité de rédiger le rapport final de la session.

-1-

INTRODUCTION A LA GESTION NON-VIOLENTE DES CONFLITS

1.            Dispositions générales.

La présentation des participants sera bien originale, tant au niveau de la forme qu’à celui du fond.  Le modérateur demandera à l’auditoire de se mettre débout et de se passer spontanément la balle.  Chaque passe est coiffée de la présentation du nom et d’une qualité de celui qui la reçoit.  Cette méthodologie permet à chacun d’être attentif à l’autre, d’être capable d’écouter entièrement l’autre, conséquemment mettre en place un nouveau monde cousu de plus de qualités que de défauts.  Et comme si cela ne suffisait pas, l’intervenant a dû recourir au brainstorming pour dresser un éventail de concepts susceptibles de déboucher sur un code de conduite auquel tous les participants ont souscrit afin de sauvegarder ce nouvel environnement dont la toile de fond est celui d’écouter, d’aimer, d’accepter l’autre, de dialoguer avec l’autre…  Au demeurant, l’exploitation de cet éventail de concepts a débouché sur une règle de vie qui se résume en 6 points qui vont régir le groupe durant la formation.

1    Message «je» : consistant à s’engager le plus possible dans les actes à poser, tout en évitant l’emploi abusif du pronom «on».

2    Je ne coupe pas la parole à l’autre

3    Je respecte l’horaire

4    Capacité d’une évaluation permanente, ceci veut dire que j’ai droit de féliciter, de critiquer et de proposer.

5    Droit au stop

6    Droit à la confidentialité.

Ainsi la modératrice demandera-t-elle aux participants d’exprimer leurs attentes et leurs plus grand rêve, afin de concilier le menu du séminaire aux préoccupations des participants.

En lisant les attentes des participants, six points sont en évidence :

1         Acquérir des connaissances, des techniques et des stratégies pour prévenir et/ou gérer des conflits dans notre milieu de vie.

2         Etre en mesure de concilier les techniques d’alphabétisation à celles de gérer des conflits (prévention, résolution, transformation, …)

-2-

3         Apprendre des expériences vécues ailleurs dans le domaine de la résolution des conflits.

4         Acquérir des techniques sur la gestion non-violente des conflits afin d’être à même de former les autres dans ce même domaine.

5         Concourir à la conversion de la stratégie non-violente dans la résolution des conflits.

6         Approfondir des notions déjà acquises sur la gestion des conflits.

Quant aux plus grands rêves des participants, nous pourrions les catégoriser en huit points :

1.  Instaurer ou restaurer et préserver la paix.

2.  Devenir formateur

3.  Vivre dans un pays libre et démocratique

4.  Contribuer à la promotion du bien-être et plus particulièrement à celui des paysans.

5.  Léguer aux générations futures des découvertes scientifiques susceptibles de leur permettre de résoudre des problèmes de vie.

6.  Etre utile à la société.

7.  Partager

8.  Que la mondialisation se vive sur tous les continents.

2.            Objectifs poursuivis par le séminaire

1.    Se situer personnellement par rapport aux conflits

2.    Présenter les différents modes, niveaux de compréhension d’une situation conflictuelle et rechercher des modes d’intervention pertinents.

3.    Inventorier différents modes d’interventions et en mesurer les enjeux

4.    Pratiquer de jeux de rôles d’intervention qui permettent d’aborder les notions de coopération, de négociation et médiation.

2.1.    Se situer personnellement par rapport au conflit.

Tout le monde est interpellé à contribuer au règlement du conflit.  Tout un chacun doit «faire sa part» quelque modeste qu’elle soit.

Pour illustrer cette interpellation individuelle, Madame SONJA donne un exercice de drills consistant à compléter la phrase par un mot de son choix.  Le mot-clé de chacune des phrases est le conflit.

-3-

Exercices

Chaque participant pourra répondre à ces trois questions et de là on pourra compléter le tableau ci-après.

1.    Le conflit c’est comme… (un mot)

2.    Dans ma famille le conflit c’était comme… (idem)

3.    Quand je suis en conflit, je me sens… (idem)

1ère question

2ème question

3ème question

- Mort certaine

- Incendie

- En insécurité

- Choc

- Déshumanisation

- Bouleversé

- Catastrophe

- Trouble faite

- Etouffé

- Un feu de brousse

- Déchirement

- Complexé

- Nuage

- Cassé

- Embourbé

- Tissu déchiré

- Un jeux

- Inquiet

- Destruction

- Une histoire triste

- Interpellé

- Miroir cassé

- Empoisonnement

- Abandonné

- Mauvais esprit

- Isolation

- Déstabilisé

- Un match

- Force satanique

- Angoissé

- Naufrage

- Volonté divine

- Malade

- Un désordre

- Souffrance

- Dépaysé

- Un malheur

- Un scandale

- Agressif

- etc.

- Un désastre

- Responsable

- etc.

- etc.

De l’exploitation de cet exercice, le panorama du monde est peint en noir.  Tout est négatif.  Tout le monde en est choqué.  Le conflit agit plus sur le psychique que sur le physique, tant au niveau individuel que collectif.

Somme toute, qu’est-ce donc un conflit ?

C’est un désaccord entre deux ou plusieurs parties, personnes ou groupes lorsque ce désaccord est vécu par une des parties comme un rapport de force.  Du reste, la façon de se situer influence la situation, en la regardant de manière non violente.  Quels outils faut-il pour aller chercher l’autre ?  L’on est souvent dans la recherche des causes, ce qui est un retour en arrière (qui a fait quoi ?…).  La recherche de ce qui s’est passé revient au juge, aux enquêteurs.  L’efficacité de ce procédé est souvent fragile.

Mais comment avancer avec ce problème ?  C’est une question de volonté ; ainsi ne faut-il pas oublier le passé, mais se tourner ver l’avenir.  L’on ne retiendra du passé que des éléments positifs susceptibles d’aider à progresser dans le futur.

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2.2.    Présentation de différents modes, niveaux de compréhension d’une situation conflictuelle.

Tout règlement de conflit implique la maîtrise parfaite de la situation sociale à travers une grille à cinq niveaux :

1er niveau individuel :

Consiste à considérer l’individu avec ses espoirs, envies, aptitudes, son caractère, sa personnalité, son histoire, ses croyances, ses capacités,…

2ème niveau rationnel :

Consiste à étudier le type de communication entre ces deux personnes, l’histoire de ces deux individus, leur lien, leur rapport (différent de celui du pouvoir)

3ème niveau groupal : (tribu, ethnie…)

Consiste à relever des valeurs, des normes, des rapports de force au sein du groupe.

4ème niveau organisationnel :

Prend en compte le rapport de la hiérarchie, la structure, le jeu du pouvoir, les règles de l’organisation, du fonctionnement de règles explicites au sein d’une organisation

5ème niveau institutionnel :

Prélève du cadre juridique : (lois, décrets, ordonnances,…) valeurs données par l’Etat.  Ainsi y a-t-il une forte interaction entre ces niveaux.  L’échec d’un élève ne sera pas forcément attribué à sa paresse ; elle pet remonter à l’enseignant, à l’organisation de l’école et dans le cas échéant, à l’Etat.

2.3.    Jeu de rôles sur la coopération

Silencieux et yeux fermés, les participants reçoivent une pastille sur le front.  Ces pastilles sont de différentes couleurs.  Aux quatre coins sont collées des pastilles de différentes couleurs.

Dans un temps record, chaque participant doit rejoindre le coin portant la couleur de la pastille qu’il estime correspondre à celle qu’il porte sur le front.  Tous ceux qui se seront trompés de coins, se réfugiant dans un coin d’une autre couleur que celle qu’il porte au front sont assimilés aux victimes de la bombe qui éclaterait.

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L’interprétation de ce jeu a révélé que la vie est conçue de coordonnées du hasard.  Et bien des questions se posent en situation de danger : faut-il coopérer ?  Avec qui ?  Pourquoi ? Contre qui ?  Quoiqu’il en soit, la communication reste un élément capital de la coopération.

Par ailleurs, en une situation conflictuelle, il est important de se poser la question pour identifier clairement ses objectifs et ceux de l’autre partie, ainsi que des besoins inhérents auxdits objectifs.

En outre, un exercice d’auto-évaluation sur le règlement non-violent des conflits de Thomas KILMANN a débouché sur des résultats ci-après :

1.    Composition :

se situe sur la relation : MA solution, dans la logique gagnant / perdant

son symbole est le REQUIN

2.    Repli :

Pas de solution dans la logique de perdant – perdant, dont le symbole est la TORTUE

3.    Accommodation :

Se situe dans la relation : TA solution, dans la logique perdant – gagnant, dont le symbole est le NOUNOURS

4.    Collaboration :

Se situe dans la relation : NOTRE solution, dont la logique gagnant – gagnant, dont le symbole est la CHOUETTE.

5.    Compromis :

Se situe dans la relation : NOTRE solution, dans la logique de : je gagne un peu / je pers un peu dont le symbole est le RENARD.

Par ailleurs, Madame, SONJA a poursuivi la réflexion sur les interactions comportementales entre l’axe des abscisses des objectifs et l’axe des ordonnées des relations.  Les deux axes, a-t-elle indiqué, sont très importants.  Autrement dit, lors des négociations les deux concepts : « objectifs et relations » sont fort importants.  On doit toujours s’interroger sur l’importance soit des objectifs soit des relations.

Souvent en situation de conflit et d’identifier les besoins à satisfaire en visant tel ou tel objectif.  Nos besoins sont multiples : besoin de se nourrir, besoin de se vêtir et de se protéger contre les dangers, besoin d’affirmation, etc.

Quand on comprend les besoins de l’autre, on peut être en mesure d’adopter une attitude de négociation / de collaboration.

-6-

Lorsqu’on voudrait surtout prendre en compte la relation, il y a intérêt de se reporter au côté droit du tableau.  Pour illustrer la nécessité d’une bonne relation entre deux parties, l’animatrice a cité l’exemple de deux vendeurs d’objets.  Ceux-ci n’avaient pas de relation.  Chacun voulait gagner de l’argent au détriment de l’autre alors que s’ils se connaissaient, ils gagneraient tous davantage.

Cette mise au point terminée, l’intervenant a donné, exemple à l’appui, des situations où les logiques de compétition, de collaboration, de compromis, de repli et d’accommodation sont utiles et vice-versa.

Un couple veut partir en vacances afin de se reposer pendant quelques jours.  L’époux veut partir pour la montagne, mais madame veut aller à la mer.  Si l’on est dans la logique de compétition, l’épouse va dire illico, nous allons à la mer.  Elle a gagné sur le plan des objectifs.

Il y a compromis s’ils consentent de passer deux jours à la montagne et deux jours à la mer.  La logique d’accommodation va amener le mari à accepter le désir de son épouse.

Ils seront en situation de collaboration lorsqu’ils choisissent un endroit où il y a la mer et la montagne.

Le tableau ci-dessous nous donne une vue globale et loquace des situations où ces différentes logiques sont les mieux indiquées.

BUTS / OBJECTIFS

1.    Compétition. MA solution

REQUIN

Gagnant / Perdant

+ La situation est dangereuse

on est dans l’urgence

Je suis sûr d’avoir raison

(ex. Un enfant met sa main sur le feu).

Les autres ne sont pas impliqués.

- Rien d’autre n’a été tenté

J’ai besoin des autres, la coopération est importante

Le respect de l’autre est atteint.

2.    Collaboration.  Notre solution

CHOUETTE

Gagnant / Gagnant

+ Les buts et la relation sont importants

Les autres coopèrent

Les deux parties ont l’espoir de trouver des solutions réalisables, satisfaisantes.

-          Manque de temps

Les buts sont faussés

Pas envie de « processus »

RELATION

3.    Compromis.  Notre solution RENARD

Gagnant parfois / Perdant parfois

+ La coopération est importante mais peu de temps

La solution trouvée, même insuffisante, est préférable à l’échec.

Les efforts nécessaires pour la collaboration risquent d’être pris pour forcing.

-          Peut empêcher de trouver une meilleure solution.

On ne pet en assumer les conséquences.

4.    Repli.  Pas de solution

TORTUE

Perdant / Perdant

+ Le résultat et la relation sont peu importants

Peu de temps et pas besoin d’une décision

Peu de pouvoir et envie de bloquer l’autre

Besoin de prendre du recul

-          Les buts et/ou la relation peuvent compter

Les autres souhaitent une confrontation.

5.    Accommodation.  Ta solution

NOUNOURS

Gagnant / Perdant

+ Le résultat n’est pas important

La relation à l’autre prévaut

Peu de pouvoir et pas envie de bloquer l’autre

Pour passer de 1 à 2

- Il y a risque de ressenti

Les autres accepteraient de collaborer.

Dans tous les cas :

Evaluer la pertinence de l’attitude choisie en fonction de la situation des enjeux.  Eviter un recours systématique à un seul type d’attitude.

Quelques explications (ou précisions)

Il faut apprendre à connaître le groupe (la personne) avec lequel on est en conflit pour s’y adapter et pour mieux collaborer.

Pour passer de la compétition à la collaboration, il faudrait adapter la logique d’accommodation.

Le repli n’est pas synonyme de fuite.  Il y a repli lorsqu’un individu se rend compte qu’il ne pet aboutir à une solution immédiate et de retire pour revenir sur le problème au moment où la tension baisse par exemple.

-8-

Abordant le point relatif aux approches utilisées généralement en cas de méditation, Madame SONJA a, après constitution de groupes, recommandé à ces derniers de proposer deux exemples de conflits vécus par les membres du groupe.

Au terme d’un travail en carrefour, les différents groupes ont rapporté multiples situations conflictuelles vécues par les membres du groupe (au contraire, pour revenir à charge).

A l’analyse du contenu de chaque cas, il résulte que nombre de participants recourent à bien des approches reprises dans le tableau ci-après.

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S’agissant du médiateur, son rôle est de rétablir les relations.  Il ne juge pas.  En d’autres mots, il ne donne pas tord ou raison à l’un des camps en conflit.

Pour faire la médiation, il faut que :

-          les deux parties en conflit ressentent le besoin d’une médiation ;

-          elles acceptent de fournir eux-mêmes des efforts de médiation.

En outre, pour être médiateur il est impérieux que les deux parties vous acceptent.

Dans un conflit de deux conjoints, on peut adopter la stratégie de faire venir deux médiateurs (un homme et une femme) afin d’éviter toute suspicion.

Lorsqu’on se rend compte que les personnes en conflit n’ont pas la volonté de s’entendre, vaut mieux se retirer pour qu’elles gèrent elles-mêmes leur conflit.  Ne dit-on pas qu’une façon de gérer les conflits est de ne pas les gérer ?

Par ailleurs, quand un problème dépasse sa compétence, on peut le transférer à un autre médiateur.  Ce serait, par exemple, recourir aux autorités publiques compétentes (chef, magistrat…).

Voilà les différentes étapes de l’exercice :

1.  Constitution de petits groupes ;

2.  Choix d’un délégué par les membres de chaque groupe ;

3.  Remise par l’animateur d’un texte (situation – problème) aux délégués ;

N.B.  Le contenu de ces textes n’est pas le même (cfr annexe).

4.  Lecture individuelle et silencieuse du texte par chaque délégué (pendant 5 minutes) ;

5.  – Exposé du contenu du texte lu par le délégué au profit des membres de son groupe ;

- Proposition de certains termes de négociation par ces derniers au délégué (10 minutes)

6.  Négociation entre deux délégués ;

7.  Retour du délégué dans son groupe afin de rendre compte de la négociation ;

8.  Négociation entre les deux délégués ;

9.  Négociation entre deux délégués sous l’assistance passive de tous les autres ;

10.            Echange entre les délégués assistés de membres de deux groupes ;

11.            Dernière négociation entre les deux délégués sans participation des membres présents.

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Enfin de cet exercice, les résultats ci-dessous ont été enregistrés par les différents groupes prix deux à deux.

CAPACITES DE NEGOCIER

Groupes 1 et 5 : pas de solution compétition – exclusion

Groupes 2 et 6 : pas de solution compétition – essaie de

  Compromis

Groupes 3 et 7 : Essaie de solution    moyen de pression ;

Groupes 4 et 8 : Condition contre l’ennemi

L’évaluation de ces résultats par l’animatrice a montré que tous les groupes n’ont pas identifié les besoins de chaque firme.  Ils ont été tous hors sujet.  Et pourtant la solution consistait tout simplement à se mettre d’accord sur l’achat de ces 3000 oranges Ugli et chacun y trouverait son compte.  Le Dr Delvaux avait besoin de jus d’oranges tandis que le Dr Pirenne des pelures.

En effet, pour mieux négocier il faut :

1.   déterminer ses propres objectifs et besoins (besoins de s’affirmer, de se protéger,…)

2.   déterminer la nature du conflit (conflits des valeurs des besoins ou des idées)

Néanmoins, discuter (ou négocier) sur les valeurs est une perte de temps.

A titre d’exemple, si c’est une idée qui prédomine, il faut essayer de creuser la structure profonde.

3.   Jouir de la capacité de dialogue.

Ouvrir le dialogue c’est être à deux : c’est-à-dire posséder la capacité d’écouter l’autre.

Parfois même quand on parle avec l’autre on ne fait qu’un monologue.

Comment parvenir alors à ouvrir le dialogue ?  Il faut permettre à l’interlocuteur de reformuler les propos de l’autre, en se mettant en face de l’autre.  On ne le fait pas parce qu’on a peur.

4.   Proposer des solutions acceptables pour les deux parties.

5.   Passer au contrat.  Retenons que le contrat est une sécurité sans pour autant être une garantie.  Il faut donc être toujours attentif.

R E F O R M U L A T I O N

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REFORMULER

CONSISTE A REDIRE A VOTRE INTERLOCUTEUR L’ESSENCE DE CE QU’IL VIENT DE DIRE


Reformuler régulièrement présente de nombreux avantages :

·         reformuler permet de ponctuer le discours de quelqu’un et d’éviter ainsi d’être noyé par un flot d’informations qui dépasse votre capacité de mémoire.

·         Reformuler vous permet de vérifier que vous avez compris ce que la personne vous a dit jusqu’ici.  Plutôt que de découvrir, au bout de vingt minutes, que vous êtes sur une fausse piste.

·         Reformuler vous donne un rôle plus actif lorsque quelqu’un vous expose un problème, un objectif.  Cela vous permet de créer ainsi un meilleur rapport.

·         Reformuler vous permet de synthétiser les points essentiels et d’éviter ainsi que la personne passe du coq à l’âne ou se perde dans les détails.

·         Reformuler vous permet d’offrir à la personne un reflet de ce qu’elle vient de dire, et ce reflet peut l’aider à affiner son message, à le préciser ou parfois à réagir par contraste.

·         Si votre reformulation est correcte, cela donne à votre interlocuteur la sensation que vous essayez vraiment de le comprendre.

·         En situation de groupe, la reformulation donne à chacun le même statut.

Pour augmenter la performance de votre reformulation :

        

         Réutilisez les mots clés qu’elle utilise

         Calibrez votre reformulation sur votre interlocuteur : une reformulation trop mécanique et rigide est parfois le plus sûr moyen de briser le rapport.

La différence entre la négociation et la médiation.

Dans une négociation, deux personnes ou deux groupes discutent.

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Pas de personne interposée.  Par contre, dans la médiation, entre deux personnes ou groupes, il y a un médiateur.  Le médiateur doit être neutre, favoriser le dialogue entre A et B.  Il doit utiliser la reformulation pour redynamiser le dialogue.  Il ne lui revient pas de donner la solution mais plutôt il invite les gens (A et B) à proposer leur solution.

Comment créer un climat de coopération dans un groupe ?

Créer un climat de coopération dans un groupe.


Objectifs :

-                                      Renforcer ou établir une image positive de soi, essentielle pour avoir confiance en soi et oser faire des choix constructifs.

-                                      Développer la capacité de s’exprimer personnellement dans le respect de l’autre

-                                      Développer la communication et l’échange à l’intérieur du groupe

-                                      Améliorer la capacité de réaliser une tâche en groupe en insistant sur l’implication de chacun

-                                      Susciter l’entraide comme moyen d’atteindre un objectif commun.

-         

Développement :

-          Etape 1 : Etre accueilli et accueillir

Se sentir bien, en sécurité dans le groupe

-          Etape 2 : S’exprimer

Découvrir et exprimer ses besoins

-          Etape 3 : Reconnaître ses qualités

Reconnaître ses qualités et celles des autres

-          Etape 4 : Prendre sa place

Prendre sa place et reconnaître celle de l’autre

-          Etape 5 : Ecouter

Apprendre à écouter l’autre pleinement

-          Etape 6 : Développer la confiance

Développer la confiance en soi et en l’autre.

-          Etape 7 : Ecouter

Construire ensemble

FORCES  ADJUDICATION  ARBITRAGE  NEGOCIATION         MEDIATION   RECONCILIATION

   0%              20%         50%          70%         80%           100%


Suppression   Gérer                         Résoudre                         Prévenir le conflit

de conflit  le conflit                      le conflit            Transformer

                          REACTION                                    PROACTIFS

                                                                               PAIX DURABLE

--------------------------------------------------------------


PILIERS DE LA RECONCILIATION


                         

Sincerité             VERITE                             PARDON

Franchise

Harmonie

                                                                               Miséricorde

                                                                               Compassion

                                                                                                  Pitié

                                                                                                  Clémence

RECONCILIATION


   Justice                                                   

                                                                         PAIX

                 Droit                                                                                   Sécurité

                      Equité                                                                      Tranquillité

                      Impartialité                                                                Entente

                      Objectivité                                                                            Harmonie

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EDUCATION DES ADULTES ET RESOLUTION DES CONFLITS

Réseau Alpha Congo « RACO »

Collectif National des ONGD d’Alphabétisation et d’Education des Adultes et des Jeunes

Literacy and Adult Education NGO’s Network of D.R.Congo

Mail: racoasbl@yahoo.fr

République Démocratique du Congo

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EDUCATION DES ADULTES ET RESOLUTION DES CONFLITS 

MPARARA RUCHOGEZA Dieudonné

INTRODUCTION

Ce dernier temps, la problématique de la prévention  et de la gestion des conflits reste un sujet d’actualité et préoccupant car il alimente les conversations, les travaux de recherche et les débats de presque chaque séminaire si pas de chaque rencontre des associations dans notre sous région.

Certes, c’est à cause des conséquences dramatiques, nocives, sanglantes et  déshumanisantes des situations conflictuelles en Afrique Centrale des grands-lacs  en général et dans notre pays en particulier.

                 En effet, la République Démocratique du Congo, un des plus grands pays d’Afrique  avec une superficie de 2.345 000 de km² compte environ 60 millions d’habitants avec un taux de croissance démographique compris dans la fourchette de 3 à 3,2 % par année.

                 La RDC partage ses frontières avec neuf autres pays : l’Angola, le Burundi, la République du Congo, l’Ouganda, la République Centrafricaine, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie et la Zambie. Tous ces pays y compris quelques uns de l’occident ont été d’une manière ou d’une autre impliqués dans les conflits congolais

                 Depuis l’indépendance acquise le 30 juin 1960, le pays fut essentiellement marqué par des désordres politiques : conflits ethniques, rébellions et dictatures.  Après une brève période d’accalmie (de mai 1997 à août 1998), ou plus exactement de « silence des armes » ; un nouveau conflit a éclaté à l’Est du pays impliquant activement les forces armées des 6 pays voisins et des éléments rebelles congolais.  Un cessez-le-feu signé le 10 juillet 1999, mal négocié et difficilement respecté depuis, a tout de même mené à la conclusion de l’accord global et inclusif, le 17 décembre 2002. La mise en place de l’actuelle période de transition prévue pour 2 ans s’est ouverte en avril 2003 avec l’assermentation de Joseph KABILA comme président de la République.

                 Cette dernière guerre (1998-2003) aura cependant eu des conséquences catastrophiques, causant la mort de plus de 4 millions de personnes depuis 1998().  Généralement ignorée par la communauté internationale, la guerre en RDC est pourtant une tragédie sans précédent en Afrique si on ne prend pas garde.

Sur le plan macro social (au niveau des Etats et des communautés), il y a des  guerres économiques et à petite échelle (entre associations, groupes frères ou entre parents et enfant  de mêmes familles), on a des conflits de types divers.

Ces conflits qui sévissent en Afrique centrale ont atteint un degré d’animosité élevé tel que ce sont les populations innocentes qui  en payent les frais.

Nul n’ignore que dans la guerre tout le monde est perdant et, on peut gagner la guerre sans gagner la paix. Il a  été aussi remarqué que le conflit est très contagieux à tous les nivaux, les cas du Burundi et du Rwanda sont plus probants.

Pour cela, une des mesures plus adaptées à la prévention et  à la résolution  pacifique des conflits en Afrique centrale est l’éducation des jeunes et des adultes  pour permettre aux   groupes membres des cercles d’alphabétisation d’avoir une capacité d’analyse des phénomènes de conflits et s’impliquer activement  à leur transformation.

    A.  OBJECTIFS DE L’EXPOSE.

En développant ce thème nous visions à atteindre les objectifs suivants :

1.  Echanger les expériences sur les stratégies de gestion et de transformation des conflits à travers l’alphabétisation et l’éducation des adultes et des jeunes.

2. Mener un lobby sur le plan continental et/ou international pour faire comprendre la problématique des conflits en Afrique centrale en général et en RDC en particulier afin de poser des actions de nature à promouvoir la gestion et la transformation des conflits, ainsi que la cohabitation pacifique et la réconciliation entre les peuples pendant la période post-conflit.

3.  Canaliser les actions des acteurs (intervenants) pour redynamiser l’implantation de la PAALAE dans la sous-région ; c’est-à-dire, impliquer la PAALAE dans les processus de rétablissement de paix dans la région à travers un programme d’éducation des adultes et des jeunes.

PRESENTATION DU CONTEXTE 

L'environnement global, politique, économique, social et culturel de l’Afrique Centrale en général et de la R.D.Congo en particulier  est marqué par la guerre avec ses corollaires

Situation politique

·        La course au pouvoir par les armes

·        La difficulté de mettre en marche le processus démocratique.

·        L’absence des gouvernements forts et confusion dans le chef des dirigeants

Sur le plan économique

·        La destruction du tissu économique

·        La destruction des infrastructures économiques et de communication

·        Le pillage systématique des biens, des récoltes et du cheptel (petit et gros bétail)

·        La difficulté de relancer les activités agricoles, d'élevage et de pêche suite à l'insécurité et au blocage de la circulation.

Sur le plan social

·        La destruction des infrastructures sociales : écoles, formations médicales,…

·        La déplacement massif des populations et traumatisme de toutes sortes causés par les affres subies

·        La misère généralisée et insécurité alimentaire

·        La accroissement du taux d'analphabétisme suite au dysfonctionnement du système scolaire et à l'abandon des cercles par les apprenants adultes acculés à recourir aux intermittents.

·        La cristallisation de l'intolérance et de la méfiance entre ethnies autochtones et allochtones.

·        La destruction, voire effondrement des associations et groupes de base

·        La destruction des conditions sanitaires et hygiéniques.

Concernant les droits des populations

·        Des violation massives des droits de l'homme.

·        Une recrudescence de la culture du silence.

·        L’oppression des populations civiles.

·        Le bafouement des libertés fondamentales et règne de l'arbitraire au niveau. juridique.

·        La désinformation et intoxication.

·        La difficultés des réunions des associations, etc.

Situation socioculturelle

·        L'oralité prime encore sur l'écriture à cause du taux d'analphabétisme élevé.

·        Une insuffisance des supports écrits (en langues locales) pour les anciens apprenants.

·        La tendance persistante de la scolarisation des jeunes gens au détriment des jeunes filles.

·        Le potentiel culturel n'est pas encore suffisamment exploité et mis en valeur dans le domaine de l'éducation des adultes : contes, proverbes, musique, théâtre populaire, devinettes, etc. S'en suit un manque d'interactions entre alphabétisation et promotion des activités culturelles.

·        La division du travail reste inexistant : la femme produit plus de 70% des ressources familiales en plus des tâches ménagères ; des grossesses et allaitements, des soins et de l'éducation des enfants.

·        Les complexes des femmes vis à vis de leurs maris sont fréquents et favorisent leur oppression par ces derniers.

                

PROBLEMES SPECIFIQUES DE LA R.D.CONGO. 

    Les problèmes spécifiques auxquels le Point Focale de la PAALAE  voudrait chercher des solutions sont :

    1. Le fait que beaucoup d’intervenants locaux ignorent pour la plupart les problèmes de la R.D.Congo ; tantôt, par manque d’intérêt ou par manque d’information, tantôt par peur de se lancer dans un environnement assez périlleux où 12 pays sont impliqués dans le conflit.

     D’où la quasi-absence des ONGD  et associations sur ce terrain (à part les quelques ONGD locales d’éducation qui sont aussi à cours de financement, ce qui implique  l’abandon des populations qui en résulte. Pourtant ce pays, une véritable mosaïque de populations hétéroclites, est constitué des zones à très forte turbulence ; surtout depuis qu’il a été indexé comme le berceau des milices étrangères et locales. 

                 La spécificité du Point  Focal de la PAALAE consiste justement à jouer le rôle de porte-voix de cette contrée , aussi bien auprès des ONGD Internationales, locales et autres intervenants avec qui il collabore qu’auprès de certains partenaires du Nord.

    2.  La déstructuration des comités villageois suites aux fréquents déplacements de la population en milieux ruraux, qui sont perçus comme le berceau des milices et qui occasionnent souvent des représailles meurtrières de la part des militaires des  rébellions, renforçant ainsi les traumatismes causés par la guerre à répétition.

    3. La montée d’une culture de méfiance et de l’animosité  entre certaines populations autochtones et les populations allochtones :

    -  les Hutu émigrés à l’époque coloniale  ont fait alliance avec les INTERAHAMWE  contre les populations autochtones et  vice-versa.

    - les Tutsi émigrés de l’époque coloniale   se sont rallié au Tutsi du RWANDA    contre des  populations locales  et  vice versa.

    -  Hutu  contre les Tutsi.

·        Parfois entre les populations autochtones elles-mêmes.

·        Ougandais contre Rwandais dans la province Orientale.

    Tout ceci suscite des peurs individuelles et collectives exacerbées par la misère  de la guerre et l’incertitude du lendemain.

    4. La faiblesse des autorités coutumières et administratives qui passent pour des traîtres et dont la population se méfie. La population se trouve en quelque sorte sans refuge.

    5.          Faiblesse voire/absence d’éducation des populations à la paix et aux droits fondamentaux.

    6. Les violations flagrantes des droits fondamentaux des personnes, les tracasseries et exactions diverses : tortures, cachots souterrains et autres clandestins, destructions méchantes, représailles aveugles, pillages, viols, tueries cannibalismes etc.

    7.  Le bafouement de la liberté d’expression et d’opinion ; d’où l’ampleur de la rumeur et de la désinformation, de l’intoxication d’une part et de l’autre, la recrudescence de la culture du silence.

    C’est compte tenu de cette situation que le Point Focal de la PAALAE a voulu renforcer ses interventions d’éducation des adultes et des jeunes par un nouveau  programme  à savoir : l’éducation aux droits de l’homme et l’éducation à la paix.

1.   COMPRENDRE LES CONFLITS

C’est la compréhension que nous avons des conflits, leurs origines et manifestations à différents niveaux tels que :

1     les conflits entre individus

-     les conflits entre états

2     etc.

L’objectif essentiel de ce chapitre en éducation des adultes et des jeunes est d’amener les alphabétiseurs et les alphabétisants à comprendre comment naissent les conflits, leur mode de manifestation, leurs formes, leurs sortes ou typologie etc. pour les prévenir. Il s’agit de faire une analyse approfondie au niveau international, national et local ainsi que communautaire. Ce module comprend les points essentiels suivants :

3     Naissance des conflits

4     Forme des conflits, sortes ou typologies de conflit en RD. Congo par exemple, les conflits de génération, les conflits entre riches et pauvres, entre dirigeant et dirigés, conflits de parcelles d’héritage de territoires de compétences, conflits entre voisin, entre parents, entre enfants et parents,  entre homme et femme  etc.

A la fin des deux ou trois séances d’alphabétisation les participants doivent être capables de :

·        Comprendre les différentes étapes dans l’évolution d’un conflit ainsi que les étapes des processus de médiation.

·        Comprendre les différents conflits vécus dans leur environnement.

·        Conduire une médiation entre groupes sociaux en conflit.

   Le cercle d’alphabétisation est le noyau et point de départ de l’analyse ver les autres communautés de base. Cette analyse ne se limite pas seulement au niveau local mais arrive au niveau national et régional. Ceci est vrai d’autant plus qu’elle permet à la population de situer le conflit congolais au niveau international (module en annexe)

2.   ESSAI D’ANALYSE DE L’ORIGINE DES CONFLITS DANS LA REGION  DES GRANDS LACS

(à traiter sous forme de discussions entre les participants).

A l’aube du changement de régime la  région traverse un crise de cohabitation sans pareil de son ,histoire.

La province du sud Kivu jadis berceau du changement en RD.Congo et dans toute la Région est infestée par de crise et

Cela semble se comprendre

5     Rwanda

6     Burundi

7     Congo Brazzaville

8     Congo Kinshasa

Nous essayerons de faire un point sur les initiatives qui ont été prises pour le rétablissement de la paix dans la région des grands lacs et dans d’autres pays.

Bien sûr, nous devrons montrer l’implication du point Focal de la PAALAE dans la

redynamisation de la société civile dans les différents Pays.  Sa contribution dans la gestion positive et la transformation des conflits à travers l’éducation des adultes   en Afrique centrale.

3. SITUATION DE L’EDUCATION DES ADULTES ET DES JEUNES DANS LA SOUS-REGION

Les deux guerres consécutives en R.D Congo (octobre 1996 et août 1998) ont aggravé sensiblement les conditions socio-économiques et politiques qui n’étaient déjà pas très brillantes (surpopulation accentuée par l’afflux des réfugiés Burundais et Rwandais, épuisement de sol, insécurités…). Le secteur éducationnel a été le plus affecté par ces troubles.  En ce qui concerne l’éducation formelle, on observe une chute importante du taux de scolarisation.  Les écoles primaires et secondaires ont été détruites à plus de 30% pendant les conflits.

L’Etat congolais s’est complètement désengagé dans la prise en charge de l’éducation et ne paie plus les fonctionnaires depuis plus de vingt ans.  Le faible revenu des parents contribue à une déperdition scolaire inquiétante.

Les résultats positifs des efforts entrepris par les ONGD locales oeuvrant dans le domaine de l’éducation informelle ont été anéantis par les guerres.  Le taux d’analphabétisme qui était déjà à 32% environ avant  les troubles et les guerres, est actuellement de 38%. Les cercles d’alphabétisation, jadis fonctionnels éprouvent des difficultés faute des moyens matériel et financier.

Dans ce contexte d’instabilité socio-économique et de précarité, la restauration des capacités communautaires à travers l’éducation et alphabétisation est un préalable à la relance du processus d’un développement humain durable dans la RDC en particulier et en Afrique centrale en général.

1     APPROCHES ET METHODES

Face à cette situation décrite ci-dessus, les ONGD d’éducation des adultes et des jeunes membres de la plate forme PAALAE ont jugé bon introduire dans leurs programmes, l’éducation à la paix, la cohabitation pacifique et la transformation des conflits.  Ce qui se réalise à travers les approches suivantes :

1.   L’approche conscientisante 

En vue de casser le cercle vicieux de conflits et prévenir un éclatement d’autres violences, il serait urgent que déjà les gens soient amenés à se réunir autour d’intérêts et des idées communes : cesser de s’exclure et de s’isoler.  Cela peut se réaliser à travers les cercles d’alphabétisation, les Shirika (communautés de base), les comités de développement etc.  Sans quoi, nous sommes assis sur une poudrière et il suffit d’une étincelle pour que la situation explose.

L’approche conscientisante du Brésilien, le pédagogue PAOLO FREIRE est travaillé et adaptée à la réalité de la région.  Selon l’approche et la méthode, les mots   et thèmes générateurs seront inventoriés à partir du vécu quotidien.  Ce sont ces mots et thèmes générateurs qui serviront de démarrage à l’apprentissage de l’écriture et de la lecture et des mathématiques, mais aussi et surtout à l’analyse objective et critique de l’environnement afin de déboucher sur des décisions et actions concrètes au niveau des cercles qui deviendront ainsi les lieux du partage de savoir.

Ces thèmes et mots générateurs varient d’un village à l’autre selon la situation.  Les plus utilisés sont ceux-là qui peuvent amener les bénéficiaires à analyser, juger et agir.  Par exemple :

Vita (la guerre)          Amani (la paix)         Njaa (la famine)        Chakula (la nourriture)

Uvivu (la paresse)    Kazi (le travail)          Wivu (la haine)         Masomo (école)

Woga (la peur)         Ulezi (éducation)      Kifo (la mort)                              Uhodari (courage)

Usalama (sécurité)  Ushirika (cohabitation)                                                   Uhuru(liberté,démocratie)

Ubaguzi (discrimination)                                              Ubakaji (viol)                              Unyanyasi (pillage)

Ujeuri (violence)       Ukosefu wa haki (injustice)                                         Uniimi (égoïsme)

Uongo (mensonge) Ugandamizi (oppression)                                            Uaminifu (confiance)

Kujadiliana (dialogue)               Uruma (pardon)        Kusikilisana (réconciliation).

Selon que le mot ou le thème revêt une connotation positive ou négative, les apprenants vont l’analyser en tenant compte de leurs réalités à améliorer.

Par exemple l’analyse des thèmes violence et vengeance peut conduire les alphabétisants à une décision qui va dans le sens du pardon et de non violence, la réconciliation et le dialogue.  Ces mots et thèmes sont choisis après enquête dans les villages auprès des communautés avec la participation de celles-ci.  Bien sur, le choix se base sur des critères précis : la richesse sémantique, la richesse phonétique, la complexité etc.

La méthode prévoit que les participants maîtrisent en même temps le lire, l’écriture et le calcul par des techniques appropriées mais aussi et surtout l’acquisition des nouvelles connaissances notamment  à travers les sciences sociales, les sciences naturelles et les sciences exactes.

Une des techniques utilisées dans l’approche conscientisante pour véhiculer le message de paix, de cohabitation, de transformation de conflits est la codification et la décodification.  Il s’agit de prendre distance par rapport à la vie quotidienne (vie de tension, de conflits, de troubles etc.) afin que les alphabétisants puissent percevoir leur situation sous un angle différent.

La codification utilise comme support des sketchs, saynètes, des images, des photos, des chansons, des proverbes produits après une recherche approfondie dans les régions locales parce qu’elles représentent et capturent les problèmes ou contradictions essentiels auxquels les populations sont confrontées dans leur vie.

Les alphabétisants réfléchissent sur ces images ou représentations d’abord en les décrivant puis à travers le processus de « problématisation » analysent leur structure en profondeur jusqu’à ce qu’ils se retrouvent face à leur propre existence.

Bref, la codification est un « instrument d’abstraction » qui permet à l’individu de voir la réalité (de conflit) de son existence avec plus de clarté en prenant ses distances par rapport à cette réalité. 

Le processus d’analyse de la codification ou de l’environnement a pour objet d’inventorier tout ce qui handicape l’épanouissement et le développement humain ; ce qui implique la décodification et le dialogue.

Le dialogue et la décodification ne consistent pas non seulement à une discussion ou plutôt un débat entre les gens, mais il s’agit de rétablir un environnement de confiance, de se retrouver hors des portées de vie de tous les jours.  S’ouvrir et se mettre face à face avec un nouvel entendement et une nouvelle prise de conscience.

2.   L’approche scolarisante

Plus de 20 000 enfants et jeunes entre 7 et 18 ans sont utilisés dans les conflits armés en Afrique.  90% de ces jeunes et enfants sont utilisés en Afrique. 

En Afrique centrale la situation est très grave.  On assiste à des guerres des enfants contre les enfants.  Pendant cette période de  post conflit en R.D Congo, on assiste à une prolifération des milices armées ethniques, tribales.  Ces milices que les politiciens organisent sont pour la plupart formées des jeunes et des enfants qui ont abandonné les études précocement pour s’enrôler dans ces bandes armées pour des objectifs variés.  Pour certains, c’est là qu’on trouve une vie facile et une voie de s’enrichir.  Pour d’autres, il faut s’enrôler pour protéger sa communauté contre les agresseurs et enfin pour d’autres encore, il faut se venger contre ceux-là qui ont tué le frère, violer la maman, la sœur ou tuer le père ou massacré toute la famille.

L’oisiveté de jeunes et des enfants est aussi à la base de l’enrôlement sans oublier la manipulation ainsi que la corruption des seigneurs de guerre.  L’adage selon lequel les enfants sont l’avenir du pays  et ; le monde sera ce que nous ferons des jeunes  est complètement oublié.  Bref, les jeunes et les enfants sont les premiers auteurs et victimes des conflits.

La raison d’être de l’approche scolarisante est de permettre ces jeunes à un rattrapage scolaire.  Il s’agit plus concrètement d’organiser un programme spécial d’alphabétisation afin que certains jeunes déscolarisés et démobilisés rattrapent le retard qu’ils ont connu pendant les conflits et leur faciliter la  réintégration à l’école.

Nous parlons d’un programme spécial car dans le cas d’espèce l’alphabétisation est intensive et s’adapte au  programme formel.

  C’est - à-dire, à part la formation scolarisante, ces jeunes sont soumis comme pour les adultes à une démarche de formation permanente de réflexion sur leur propre milieu de vie qui passe par l’alphabétisation conscientisante et de post-alphabétisation et d’animation culturelle et l’éducation à la paix que l’on doit multiplier dans les parties rurales de la région (surtout au Sud-Kivu et Nord-Kivu).

A part l’alphabétisation et la conscientisation, ce programme vise encore à lutter contre l’oisiveté, la délinquance, l’enrôlement dans des bandes armées ainsi que l’exode rural des jeunes ; ce qui implique la mise en place des cercles de culture et de paix.  Le but de ces cercles est de restaurer l’entente dans les localités villageoises surtout et la cohabitation pacifique intercommunautaire.

Dans ces cercles de culture et de paix, on trouve des activités thématiques et séminaires, bibliothèques populaires, sports, loisirs etc.

Nous voudrions aussi réduire de 60% le nombre des jeunes filles, femmes discriminées dans la scolarisation par la fréquentation des cercles de culture et de paix.  Ce programme est très important dans la mesure où il permet à tous les jeunes de se prévenir contre la manipulation des assoiffés de pouvoir.

3.  L’approche de l’éducation par les textes

C’est  pour essayer de répondre aux insuffisances et distorsions de la théorie de Freire que nous avons mis en place l’approche par le texte ou la méthode dynamique.  Voici quelques reproches à la méthode de PAULO FREIRE :

-    Les mots ou thèmes générateurs constituent toujours un micro univers au même titre que l’abécédaire utilisé dans l’alphabétisation traditionnelle.

-    La quasi inexistence de mathématiques dans le programme de mots générateurs.

-    L’existence des phrases clichés ou insensées.

-    La place de l’apprentissage des sciences est négligé et on a l’impression que l’oralité prime sur l’écrit car le temps consacré au dialogue est plus important que l’apprentissage de l’écrit.

-    Le dialogue n’est possible que s’il y a maîtrise de la langue et l’établissement d’égalité dans le cercle.

L’approche dynamique est presque l’amélioration que nous avons apportée à l’approche conscientisante et présente des avantages suivants :

-    Le fait qu’elle part du macro univers, c’est-à-dire les phrases que la participation de tous les alphabétisants au processus éducationnel est effective et efficientes.  La conscientisation commence dès le début du processus.

-    Appelée méthode dynamique car il est plus facile de partir de macro univers pour arriver au micro univers.  C’est facile d’introduire l’apprentissage de mathématique à partir des textes que des mots générateurs.

-    La formulation de texte conduit à l’amélioration de la langue au niveau de l’écrit et de l’oral.

-    L’apprentissage des sciences se fait à partir des textes et ce qui facilite la maîtrise des connaissances thématiques.

-    Les textes constituent un instrument efficace de lutte contre l’empirique et de rester borné sur les espoirs.

-    Par contre l’utilisation de textes depuis le début de l’apprentissage de l’écrit, permet aux participants de comprendre le rôle du langage qui est essentiellement de communiquer avec les autres et d’agir dans le monde sans violence.

POUR QUO I’APPROCHE DYNAMIQUE ?

La prise de conscience des limites des bases théoriques et pratiques des méthodes d’alphabétisation et de la conception de l’éducation des jeunes et des adultes nous a poussé à chercher parmi les sciences de l’éducation d’une part et dans la linguistique et la psychologie d’autre part de nouvelles bases plus adéquates et plus convaincantes pour remplacer les bases théoriques et pratiques critiquées.  Il s’agissait pour nous de mettre en place une nouvelle conception de l’éducation des jeunes et des adultes plus dynamiques.

Après de longues lectures d’expérience sur terrain, nous avons considéré qu’en psychologie la théorie interactionniste postulé par Vigotsky est celle qui permet le mieux de comprendre le développement psychologique de l’être humain et elle est un instrument qui peut nous aider à créer un processus d’enseignement et d’apprentissage de qualité en ce qui concerne l’éducation à la paix et la transformation des conflits dans la région des Grands Lacs.

La théorie de Vigotsky nous permet de comprendre le processus éducatif en tant qu’un processus permanent de réflexion et de responsabilisation des apprenants afin que l’appropriation des connaissances et le développement de leurs capacités psychiques supérieures soient efficaces et efficients.   En outre, l’engagement conscient de l’apprenant devrait lui permettre d’apprendre plus rapidement et d’une manière plus durable.  Et pour cela participer à la réduction des conflits.

Concernant la linguistique, nous sommes convaincus que la théorie linguistique textuelle proposée par Bakhtine est celle qui nous permet le mieux de saisir la complexité pratique et culturelle de l’enseignement / apprentissage d’une langue aux adultes et aux jeune.

La linguistique textuelle permet aux apprenants de bien utiliser leurs connaissances linguistiques orales pour passer à l’écrit et travailler la langue dans ces deux modalités linguistiques.

En outre, en utilisant le texte comme unité empirique d’apprentissage, les participants ont la possibilité d’apprendre une diversité de textes leur permettant de dialoguer et d’agir dans plusieurs sphères de l’activité humaine. 

En effet, nous avons compris qu’il était nécessaire de prendre le texte comme unité empirique pour l’enseignement et l’apprentissage non seulement de la langue mais aussi pour l’enseignement et l’apprentissage des connaissances liées aux autres disciplines essentielles (Mathématiques, Sciences Sociales, Sciences naturelles et Langues).

Etant donné que nous travaillons avec les partenaires parlant des langues nationales, nous prônons un bilinguisme que nous définissons comme la maîtrise de deux langues qui doivent devenir des langues à enseigner mais également langues d’enseignement.

C’est ainsi que l’approche  dynamique considère que les apprenants ont besoin de maîtriser une diversité de connaissances nécessaires pour comprendre la réalité ainsi que soi-même.  Cela implique que le processus éducatif devrait s’étendre sur une période minimum de trois à quatre ans, la quatrième année pouvant être consacrée à une formation professionnelle.

                L’enseignement et l’apprentissage de connaissances diverses (nous pourrons les regrouper en Langues, Mathématiques, Sciences Naturelles) devraient permettre de travailler un ensemble de textes forts importants pour la vie sociale et individuelle.

En effet, les textes explicatifs, argumentatif, narratifs etc. devraient être appris en étroite relation avec les contenus pertinents aux différentes disciplines y compris l’éducation à la paix et la transformation des conflits.  A nos yeux, seule la maîtrise des contenus des disciplines et des formes linguistiques appropriées à ces contenus permet une appropriation de qualité et renforcer la participation de toutes les populations à la transformation de leurs réalité sociale, culturelle et économique.

LA FORMATION DES EDUCATEURS ET LA PRODUCTION DU MATERIEL DIDACTIQUE

Cette approche implique une formation permanente des acteurs du processus éducatif.  Ainsi, les formateurs, les animateurs et les apprenants devraient participer à l’élaboration des programmes de formation qui devront leur permettre de devenir de plus en plus efficaces dans le travail éducatif.  Il est impossible, selon nous, d’envisager une éducation de qualité sans les exigences d’une formation permanente pour deux raisons essentielles : d’ une part à cause de la nécessité du processus éducatif d’être au courant des avancées des disciplines à enseigner / apprendre, et d’autre part pour être au courant des avancées des disciplines des sciences de l’éducation qui peuvent donner aux formateurs et aux animateurs de nouveaux outils pour améliorer le travail pédagogique.

La nouvelle approche comme toutes les autres exige également l’élaboration permanente de matériel pédagogique (consacré à ceux qui ont la responsabilité d’animer l’éducation) et de matériel didactique (destiné à aider les apprenants à s’approprier les connaissances et développer leurs capacités psychiques) qui se démarque du matériel didactique traditionnel.  Le matériel didactique doit répondre  aux besoins d’enseignement et d’apprentissage des problématiques pertinentes.  Ces matériels devraient prendre en considération l’universalité de la connaissance mais également la particularité de la réalité sociale, naturelle et culturelle du contexte historique du processus éducatif.  Dans ce sens nous prônons une éducation interculturelle afin de faire dialoguer les cultures qui sont impliquées dans le processus éducatif.

Nous concevons également une nouvelle manière d’évaluer où les apprenants prennent part activement.  L’élaboration des grilles d’évaluation est une pratique courante qui vise à mesurer d’une manière permanente la maîtrise de compétences, des habilités ; le niveau d’application des connaissances dans des situations concrètes ainsi que le développement de certaines valeurs sociales.

                 L’application créative de l’approche dynamique par nos partenaires dans les  régions   où nous travaillons montre que des résultats encourageants se manifestent, ce qui montre également que l’approche dynamique peut devenir un outil essentiel pour relever la qualité de l’éducation et prévenir les conflits.

. Modules développés en éducation des adultes et des jeunes pour la   transformation et la gestion positive des conflits :

A.  L’objectif de tous ces modules est d’amener les populations et surtout les alphabétisants à prendre conscience que c’est tout le monde qui a soif de vivre en paix et de cesser de favoriser l’enrôlement des enfants et des jeunes dans les bandes armées.

B.  La participation du peuple à la bonne gouvernance est la condition sine qua non de la paix et du développement. Il est utopique de prétendre à une paix et à un développement durable là ou la population s’estime non concernée par la chose publique. Cela est d’autant plus grave lorsque les citoyens sont inconscients que leurs droits sont violés, que leurs libertés sont bafouées ou que leurs intérêts sont menacés. Cet exercice de lutter pour son droit s’acquiert collectivement dans les cercles d’alphabétisation. On peut les étouffer et, même pour longtemps, mais on ne pourra étouffer éternellement leur volonté de vivre libres, épanouis et souverains en tant que peuple. Bref à exercer leur responsabilité citoyenne. Celle-ci peut être située à deux niveaux : le niveau individuel et le niveau collectif. Au niveau collectif, nous préférons parler de « société civile » en comparaison avec les structures politiques dans un Etat de droits. Nous sommes soumis en permanence à une véritable offensive de déresponsabilisation des populations, organisée par le pouvoir.

Les principaux chapitres développés des ces modules sont les suivants :

9     L’éducation à la paix et transformation des conflits

10 La bonne gouvernance et la citoyenneté responsable

11 L’éducation à la non-violence

12 Le droit de l’homme

13 Le pilier de la réconciliation.

4. TYPE D’ACTIVITE  A DEVELOPPER

                 Il n’est nullement question ici de vouloir sacrifier à la mode ni de céder à l’opportunisme. L’approche même qui constitue le fondement de l’action du   Point Focal de la PAALAE est par essence dynamique et doit amener à un décryptage permanent de l’environnement social, économique, politique et culturel. Sans cela, il n’y aurait pas moyen de relever les défis auxquels nous sommes confrontés.

                 Mais avant d’en arriver aux deux domaines précités (alphabétisation et éducation à la paix), il est bon de relever que le terrain est favorable, car   le Point Focal de la PAALAE a longtemps collaboré avec le d’autres ONGD d’éducation des adultes et de droits de l’homme dans le Réseau Alpha au niveau de la formation des animateurs ; voire des responsables d’associations d’éducation des adultes au Kivu en matière d’éducation civique.

                 C’est ainsi que depuis sa création , chaque session de formation des Alphabétiseurs-Educateurs était assortie d’un module spécial sur l’éducation civique,, à la démocratie et contre le pouvoir populaire, les élections libres et transparentes, la bonne gouvernance, la problématique des taxes, etc.

                     Entre 2002 et 2003, au moins 200 alphabétiseurs-éducateurs ont bénéficié de tels modules qu’ils ont restitués au niveau des cercles d’alphabétisation et des groupements de néo-alphabétisés.

                    Si on estime à 20 la moyenne des apprenantes et apprenants encadrés par chaque alphabétiseur-éducateur et par an, cela donne plus ou moins 4000 apprenantes et apprenants et néo-alphabétisés qui sont ciblés chaque année.

                 Pour tout dire, avant la première guerre de libération, chaque cercle d’alphabétisation était devenu un noyau de rayonnement démocratique.

                 Ce travail avait même été élargi grâce au  Point Focal de la PAALAE au niveau des associations d’éducation des adultes au Nord et Sud-Kivu. C’est dans cette foulée qu’il faut placer le séminaire-atélier qui fut organisé  par le  Réseau Alpha  ainsi que  le Point Focal de la PAALAE en novembre-décembre 2003 sur la conscientisation et le contre-pouvoir populaire. Une vingtaine de responsables d’associations et ONGD d’éducation des adultes du Nord et Sud-Kivu avaient pris part à ces assises.

                 Convaincu que la démocratie et la paix se construisent à la base, le POINT FOCAL DE LA PAALAE voudrait intensifier et généraliser ce travail au niveau de son champ d’action spécifique (en AFRIQUE CENTRALE) où, malgré le manque de médiatisation, les problèmes et les conflits sont sérieux.

Le principal goulot d’étranglement qui s’interpose à ce niveau est d’ordre matériel et financier

14 La participation de la PAALAE dans le processus reconstucttion et de réconciliationen  Congo.

L’éducation des adultes est d’une importance capitale dans la transformation des conflits et l’établissement de la paix dans la région de l’Afrique Centrale en général et en RD. Congo en particulier.  Une de grandes causes de contestations des élections en Afrique est le taux d’analphabétisme et l’insuffisance ou carrément le manque d’un programme d’éducation des adultes et des jeunes pour les préparer la participation et la consolidation des échéances démocratiques.  La PAALAE et d’autres réseaux internationaux devraient s’impliquer dans la mise en place de la démocratie en Afrique à travers la formation et l’éducation des adultes. Concrètement, la participation du réseau devra se matérialiser par la réalisation d’une campagne d’alphabétisation intensive dont la dénomination sera trouvée lors de ces assises et pendant les élections, l’envoi des observateurs neutres.  La réussite de la campagne conditionnera la réussite des élections et par conséquent la réussite de la démocratie en RD. Congo.   Nous proposons provisoirement les dénominations suivantes de ladite campagne : Campagne d’Alphabétisation pour la Paix « CAP » ou Alphabétisation Commando pour la Paix «  ACOPA » ou encore Campagne d’Education et d’Alphabétisation pour la Paix au Congo « CEPACO ». Pourquoi  pas Campagne Nationale d’Education et D’Alphabétisation pour la Paix « CNEAP »

   CONCLUSION

Avec l’état de guerre larvée existant dans plusieurs endroits du continent avec des conséquences incalculables : ruines, pillages, désolation etc. … à l’instar de ce qui s’est passée récemment en Afrique centrale qui a connu une véritable "Guerre mondiale" africaine où 12 pays de la sous-région étaient directement impliqués dans le conflit, il va sans dire que dans un tel contexte, l’Education des Adultes qui en son principe vise le développement humain durable peut bel et bien avoir un rôle central à jouer dans un tel contexte notamment :

a) Accompagner la restructuration des comités villageois  détruits par les guerres à répétition et dé traumatiser leurs leaders.

b) Contribuer au rétablissement de la concorde entre différentes populations par des méthodes d’éducation à la paix.

c) Combattre la culture de méfiance, de soupçon et d’animosité entre différentes populations ; les aider à prévenir et à gérer positivement leurs conflits.

d) Lutter contre la montée de l’arbitraire et de la loi du plus fort par l’éducation aux droits fondamentaux de la personne humaine.

e) Lutter contre la rumeur et la désinformation grâce à la mise en place d’une stratégie de    communication à la base adaptée au contexte actuel.

d) Systématiser la stratégie de conscientisation sur la paix en exploitant la technique de codification au niveau des cercles d’alphabétisation

e) mettre en place des structures de réinsertion et d’encadrement  des jeunes et enfants démilitarisés

                     La visée du programme serait d’arriver, en période d’après-guerre, à créer au niveau de la région un contexte social où règne une meilleure compréhension et où les conflits trouvent une issue en dehors de la violence. Ce qui nécessite :

- la formation des animateurs de paix par l’organisation d’un séminaire-atelier sur l’éducation, impliquant les associations villageoises, les autorités coutumières et autres leaders traditionnels, les Eglises, etc.

- la mise en place  des «Cercles de Paix» ou conseils de sages ayant pour rôles de:

    . Cimenter la paix,

    . Créer la concorde

    . Faciliter la résolution et de la gestion positive des conflits

- Formation des animateurs des droits de l’homme par l’organisation dans chaque province, d’un atelier sur les Droits de l’Homme afin d’arriver à outiller les participants sur :

. Les notions fondamentales

. La capacité d’identifier les cas, de les analyser et d’adopter des réactions et stratégies appropriées.

. L’utilisation des textes légaux.

- Systématisation de la technique de codification au niveau des cercles d’alphabétisation en impliquant tous les alphabétiseurs-éducateurs.

- Lancement d’une gazette populaire en langue locale afin de diffuser à travers les comités villageois et les cercles d’alphabétisation des messages sur la paix et les droits de l’homme et produite selon des procédés simples et peu onéreux.

15 Organisation des tournées de sensibilisation, de suivi  et de renforcement.

Posté par Mparara à 22:23 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

COMPRENDRE_LES_CONFLITS

COMPRENDRE_LES_CONFLITS_bis

Posté par Mparara à 21:57 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]

Afrikaner i dom svenska skogarna..

Afrikaner i dom svenska skogarna..

I Karlskoga finns en grupp som undertecknad kallar "Skogens vänner” som  består av vuxna personer i  åldrarna  runt 20-65 år med olika erfarenheter.

Den här gruppen organiserar varje onsdag utflykter i de Värmländska skogarna.

Dom här vandringarna har flera syften varav de viktigaste är social gemenskap,vara ute i naturen, få motion och att lära oss saker tillsammans. Vandringarna erbjuder ett tillfälle för oss i gruppen att på samma gång träffas och utbyta erfarenheter om händelser i vardagen.

För oss, afrikanska flyktingar, utgör dessa slags aktiviteter en trygg mötesplats som samtidigt gynnar vår kulturella och sociala  integration. De hjälper oss att lära känna Värmlänningarnas historia och traditioner i allmänhet och i synnerhet Karlskoga/Degerfors,  samt ett utmärkt tillfälle att lära oss prata svenska.

Det är en terapi för att minska vår psykiska stress som vi dels har med oss från våra krigshärjade hemländer och en stress som vi får av livet  på förläggningen.

Många av oss,  får vänta i flera år i Sandviken  på uppehållstillstånd.

För ett tag sen tog Ingrid Norudde  en medlem i gruppen, kontakt med afrikanska vänner  på förläggningen som hon kände sen tidigare och frågade om dom ville följa med på onsdagsvandringarna.

Det handlar om  undertecknad:

- Mparara Ruchogeza ( Kongo Kinshasa)

- Esmail Mohmed ( Libyen )

- Sammie Wandera( Uganda)

Dessa utflykter tillåter oss dels att skaffa oss redskap för att förstå ,lära känna sammnhangen  genom observation och analys och dels för att kunna anpassa oss där.

Det handlar om att dela förtroende och lärdom mellan oss afrikaner och de andra svenskarna i gruppen. De lär oss att bryta barriärer som finns mellan flyktingar(särskilt afrikaner) och inhemska befolkningen och hjälper oss på så sätt att integrera oss i samhällets  flyktingmottagande.

Avseende kunskaper, har vi lärt oss att Värmlands skogar svämmar över av en rik och väldig kulturell och traditionell historik om det nordiska folket. Skogarna utgör inte bara en fin och rik natur miljö...

Till skillnad mot afrikanska  lummiga regnskogar med en mängd olika djurarter, och där traditionen är i huvudsak muntlig, så är värmländska skogar ljusa och lätta att ta sej igenom och har en muntlig och nedtecknad tradition.  Det underlättar för oss under våra promenader.

Under våra vandringar träffar vi på flera platser där det finns skyltar med inskriptioner över historiska och/eller traditionella händelser.

Vi kom t.ex till en plats där det finns en källa. Platsen heter Örgivskällan och ligger uppe i Fasaskogen. Hit sökte sej giktbrutna människor för att få sej ett bad av Stava Vallbom som drev källan.

Hon tog vatten från källan och dy från mossen och värmde i en stor gryta. 10 öre kostade ett bad. Folk tog sej också till källan enbart för att dricka vatten eller kasta en slant i källan.

Örgivskällan användes som "badinrättning"  från 1870-talet och 40 år framåt.

Liknande praktiseras  fortfarande i Afrika och speciellt i östra Kongo vid platser där det finns varma källor.

I byarna är det personer som lider av ledreumatism och kvinnor som föder hemma som praktiserar detta. Dom går dit två gånger om dagen, morgon och kväll under en vecka. Nackdelen är att det gynnar infektioner framförallt hos kvinnorna.

Notera i förbigående att det är avsaknaden  av läkarvård för en rimlig kostnad  som gör att kvinnor föder hemma. Det är detta som bidrar till en hög barn/och mödra dödlighet i våra afrikanska byar.

Vi har också besökt en plats med ett gammalt träd"Gammeltallen", en sk tandvärkstall som är ung. 150 år gammal. Tandvärkstallar har funnits i många delar av Sverige. Det gick till så här som följer: folk som led av tandvärk tog en sticka och petade i den onda tanden och satte sedan stickan in i barken på tallens norrsida. Tanken var att det onda därmed skulle överföras till trädet.

Liknande riter är fortfarande aktuella i vissa svarta afrikanska länder som Kongo,Tanzania,Uganda, Senegal etc.

Det kan noteras att det också i Kongo, i vissa delar av Kongo spelar skogen en viktig roll för kulturen, traditionen och för att lära sej saker om livet.  Det existerar fortfarande rituella övningar som pågår i skogen som t.ex riter under pojkarnas omskärelse, tillbedjan av förfäder för att framkalla regn och goda skördar, hindra sjukdomar och epidemier etc. Afrikas skogar är en plats där  unga pojkar underkastar sej olika prövningar för att de därefter ska vara kapabla att försvara sin familj, sin stam, sitt etniska ursprung, eller sitt land.

Dom får också där en viktig "sexualupplysning"  för att förbereda sej för ett gott äktenskap. Pojkarna som har undergått denna slags utbildning kommer att bli väldigt självständiga och starka till både kropp och psyke. 

I korthet, skogen i Afrika, är en gynnsam miljö för de unga att lära sej om livet utan någon påverkan utifrån.

Vi återvänder till berättelser och traditioner som vi lärt oss i de värmländska skogarna. En annan plats vi besökt kallas"Ryttargraven."  Den ligger i Degerfors kommun utanför Svartå. Under ett stensatt kors på marken ligger en dansk kurir begraven.  Han var utsänd av den danske kungen Kristian 11 (Kristian Tyrann) och på sin väg genom Kilsbergen blev han dräpt av svenskar. Detta var år 1521.

Andan av solidaritet som vi delar och känslan för humor som finns i vårt gäng gör våra utflykter mysiga och trevliga.

Det vore önskvärt  att dessa aktiviteter får en strukturell karaktär istället för att begränsa sej till att vara en fritidsaktivitet och på så sätt  förena nytta med nöje. Måtte de unga bli intresserade av dessa aktiviteter!  De unga kommer att utveckla en smak och en känsla för att skydda miljön samt behärska och kontrollera deras egen kultur. De här promenaderna utgör en suverän  plats för att lära sej om detta.

Eftersom orden förgår men skrifterna består... så måste man uppmuntra afrikanska grupper(som redan existerar)  för att forska i och skriva ner de Afrikanska skogarnas historia.    

"Skogens vänner" har fått mej att förstå detta ännu mer.

MPARARA RUCHOGEZA

Posté par Mparara à 21:46 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]